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Rio Tinto Fer et Titane poursuit la Ville de Contrecœur

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Rio Tinto Fer et Titane poursuit la Ville de Contrecœur
(Photo : Jean-François Noulin / www.carnetnaturaliste.ca)

Le ton est monté d’un cran entre le géant métallurgique Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) et la Ville de Contrecœur. L’entreprise a en effet entrepris des démarches légales afin de forcer l’administration municipale à faire marche arrière après avoir adopté des mesures visant à protéger un terrain boisé qui appartenait à la Colonie des Grèves.

Dans une requête déposée devant le Tribunal administratif du Québec, RTFT cite notamment le conseiller Denis-Charles Drapeau. Selon les avocats de l’entreprise, les propos tenus par ce dernier lors de la séance ordinaire du conseil municipal du 6 avril dernier démontrent que la Municipalité avait l’intention de contrecarrer le projet de leur client. Ce dernier désirait alors acquérir une propriété sur le territoire de Contrecœur appartenant à la Colonie de vacances des Grèves et juxtaposant le site de dépôt de résidus miniers P-84 dont elle a autrefois fait l’acquisition.

M. Drapeau avait alors déclaré que le conseil avait déposé des projets de règlement sur la protection des arbres dans la foulée de l’imminente transaction entre RTFT et la colonie centenaire qui éprouve, depuis plusieurs années, de sérieuses difficultés financières.

« On a aussi mis une réserve foncière pour empêcher toute construction intempestive (sic), bref, qui mettrait en péril la protection de l’environnement, s’était alors exprimé le représentant du district 6 de Contrecœur. On ne connait pas encore la visée de Rio Tinto sur ce terrain-là (…), mais on ne pense pas qu’ils vont construire des tours à condos ou quoi que ce soit. Bref, on a des grandes réserves sur cette transaction. »

Bras de fer en vue

Selon les représentants légaux de RTFT, la Ville a abusé de ses pouvoirs et démontré que ses véritables intentions étaient « d’utiliser son pouvoir règlementaire dans le seul but de freiner les intérêts légitimes de RTFF et Colonie, et de limiter leur droit de propriété. »

En conséquence, l’entreprise veut faire annuler le projet de Règlement 1220-2021 modifiant le règlement de zonage du lot concerné et modifiant les normes sur l’abattage des arbres. Elle désire également que soit invalidé l’avis de création d’une réserve foncière ainsi que l’avis d’expropriation émis par la Ville le 10 mai dernier.

Entre l’arbre, l’écorce et les résidus miniers

Depuis l’annonce de la vente du terrain par la Colonie des Grèves au printemps dernier, des citoyens de la région ont manifesté leurs craintes de voir Rio Tinto Fer et Titane utiliser le terrain acquis afin de procéder à un agrandissement de son dépôt de résidus miniers P-84.

Une pétition intitulée Sauvons le parc des Grèves approche du cap des 2 500 signatures et une marche citoyenne dans les sentiers du parc est au programme le 16 octobre prochain.

« Les gens sont invités à venir marcher avec nous de façon pacifique, explique André Pépin, un des initiateurs de la pétition. Des orateurs vont s’adresser à nous, parler de l’impact de ce dossier sur l’environnement. Je pense qu’on va avoir pas mal de monde. Ce sera notre façon d’être dans l’action. »

Alors que, sur les réseaux sociaux, certains résidents déplorent le manque de transparence des parties impliquées qui ont laissé de nombreuses questions en suspens, d’autres s’inquiètent plutôt de voir l’entreprise menacer de fermer ses portes si elle ne trouve pas un terrain suffisamment près de ses installations de Sorel-Tracy pour disposer de ses résidus.

« Il y a trois parties impliquées, poursuit André Pépin. Rio Tinto, la Ville de Contrecœur et la Colonie des Grèves. J’aimerais bien qu’il y en ait quatre et que les citoyens soient représentés dans ces discussions. Tout part des besoins financiers de la Colonie. Si l’organisme était riche, on ne parlerait pas de tout ça aujourd’hui. »

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