Les mots-croisés de La Relève

Un projet de recherche sur la résilience des arbres urbains de Boucherville et de Varennes, soutenu par Québec

Photo de François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Par François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Un projet de recherche sur la résilience des arbres urbains de Boucherville et de Varennes, soutenu par Québec

Le Fonds de recherche du Québec Nature et technologies (FRQNT) a récemment dévoilé les six récipiendaires de la première édition du programme pilote Visage municipal. Au nombre des récipiendaires se retrouve un projet de recherche mené par des employés des villes de Boucherville, Varennes et Saint-Lambert.
Chaque projet est financé à hauteur de 100 000 $ pour une durée de deux ans.
Lancé en avril 2020, ce programme invitait des équipes de chercheurs et chercheuses et d’acteurs du milieu municipal à s’allier dans la réalisation de projets de recherche arrimés sur les besoins des municipalités du Québec en matière de recherche et d’innovation.
Le projet piloté par des employés des villes de Boucherville, Varennes et Saint-Lambert, est intitulé « SylvCiT ».
SylvCiT : un logiciel intelligent pour maximiser la résilience et les bienfaits des arbres municipaux face aux changements globaux. Les responsables du programme sont
Christian Messier, de l’Université du Québec à Montréal, Marie-Ève Ferland, une employée de la Ville de Saint-Lambert, Marie-Jean Meurs, de l’Université du Québec à Montréal, Marie-Claude Bujold, employée de la Ville de Boucherville et Mathieu Vallée, de la Ville de Varennes.
Les arbres urbains sont essentiels au bien-être, à la qualité de vie et à la santé des citadins. Ils participent notamment à la filtration de l’air, à la régulation des températures et à la captation des eaux de ruissellement. Or, dans le contexte actuel des changements globaux, les arbres urbains font face à de nombreux facteurs de stress et le risque de les voir disparaître du fait de conditions climatiques plus difficiles ou de l’introduction d’insectes ou de maladies exotiques est de plus en plus grand.
Face à cette incertitude croissante, il faut revoir les façons de gérer les plantations d’arbres en ville. La meilleure approche consiste à maximiser la diversité des arbres en termes de caractéristiques biologiques pour ainsi s’assurer qu’ils ne soient pas vulnérables aux mêmes facteurs de stress.
Le projet SylvCiT vise à développer un outil informatique, novateur, simple et efficace d’utilisation, à la fine pointe des connaissances scientifiques, pour aider et accompagner les aménagistes et gestionnaires urbains dans le choix des espèces d’arbres à replanter aujourd’hui.
Combinant foresterie urbaine, écologie fonctionnelle, santé, intelligence artificielle et économie, l’outil sera construit sous la forme d’un ensemble de modules, où chacun de ceux-ci traitera d’un aspect particulier du projet. Ainsi, les algorithmes créés pour SylvCiT permettront de dresser un portrait complet de la forêt urbaine analysée (c’est-à-dire les arbres d’une rue, d’un parc ou d’un quartier).

Ce portrait inclura : le géoréférencement et la cartographie de la localisation des arbres urbains actuels; une évaluation de leur diversité fonctionnelle; une analyse des risques biotiques et abiotiques présents et futurs en fonction des espèces recensées; et une évaluation de la valeur quantitative et économique des bienfaits produits par ces arbres.

Sur la base de ces données, des caractéristiques socio-économiques du territoire et s’appuyant sur des méthodes d’optimisation mathématique et d’apprentissage automatique, le module de recommandation de SylvCiT suggèrera aux aménagistes ou aux gestionnaires une liste d’espèces à planter, dans le but de maximiser à la fois la résilience des arbres présents et les bénéfices sociaux, économiques et environnementaux qu’ils procurent à la population. Cet outil permettra non seulement d’éviter de répéter les erreurs du passé en termes de stratégie de plantation, mais également de limiter la perte d’arbres dans le cas de l’arrivée d’un insecte, d’une maladie ou d’un évènement climatique extrême.

À noter que les cinq autres projets retenus pour les bourses seront réalisés à Victoriaville (en agriculture) à Montréal (émissions de GES), à Adstock (développement du territoire), à Saint-Hyacinthe (traitement des matières organiques dans l’eau) et en Abitibi Témiscamingue (plantation d’arbres).


Partager cet article