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Les municipalités doivent être parties prenantes du plan de relance économique

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Par Daniel Bastin
Les municipalités doivent être parties prenantes du plan de relance économique
« L’UMQ invite le gouvernement fédéral à s’asseoir avec les municipalités du Québec pour élaborer un plan de relance qui réponde aux besoins et aux réalités de toutes les régions », a lancé la présidente de l’Union des municipalités du Québec et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy. (Photo : UMQ)

« Au cours des prochains mois, l’UMQ invite le gouvernement fédéral à s’asseoir avec les municipalités du Québec pour élaborer un plan de relance fédéral qui réponde aux besoins et aux réalités de toutes les régions », a soutenu la présidente de l’Union des municipalités du Québec et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, à la suite de la mise à jour économique et financière du Canada présentée le 30 novembre dernier par la vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland.
Mme Roy a du même souffle souligné l’importance de continuer à stimuler la relance de l’économie par des investissements structurants et ciblés dans toutes les régions, comme le prévoit le Plan d’intervention économique du Canada pour répondre à la Covid-19.
« Plusieurs mesures annoncées sont intéressantes pour les municipalités, particulièrement en ce qui a trait à l’aide aux entreprises. Le nouveau programme de crédit pour les secteurs durement touchés, comme le tourisme, l’hébergement ainsi que les arts et la culture, est bienvenu et répond au Plan de relance économique municipal de l’UMQ », a-t-elle précisé en expliquant que ce plan présenté en mai dernier met de l’avant 28 propositions ciblées regroupées autour de quatre axes d’intervention stratégiques : le développement durable, la mise en chantier des projets d’infrastructure, la vitalité des municipalités et des régions ainsi que le soutien aux commerces et aux entreprises.
« L’annonce d’un financement additionnel de 12 milliards $ en nouveaux prêts sur sept ans pour accélérer la construction de logements locatifs abordables constitue également une bonne nouvelle, mais il ne faut pas perdre de vue que la priorité est de développer le parc de logements sociaux. Les besoins sont gigantesques partout au Québec. »
Un appel aussi au provincial
La présidente de l’UMQ a également lancé un appel au gouvernement provincial afin de rappeler que logement social et abordable est l’un des éléments clés pour assurer une relance économique durable, tout en précisant que le rattrapage des 15 000 unités d’habitation d’AccèsLogis Québec confirmées en 2019 doit être effectué, et que du financement additionnel doit également être prévu pour de nouvelles unités.
À ce sujet, Mme Roy a affirmé que seulement 15 % des montants de l’entente bilatérale sur le logement, annoncée le 6 octobre dernier, permettront de construire des logements sociaux et abordables. Elle a précisé que les besoins sont « gigantesques » partout au Québec, mais le financement disponible ne permet pas d’y répondre, et ce sont les citoyens moins bien nantis qui en payent le prix.
Les maires sont confrontés à des projets bloqués faute de financement et les coûts maximaux admissibles ne sont pas adaptés à la réalité des milieux. L’UMQ milite donc auprès des deux paliers de gouvernement pour que la construction de logements sociaux et abordables, notamment à travers le financement du programme AccèsLogis Québec, soit une mesure privilégiée pour la relance, car ce type de projet stimule l’économie locale, favorise la mixité sociale et contribue à réduire les inégalités économiques.
Une tournée à travers le Québec
Ces chevaux de bataille de la présidente se sont imposés au terme des Rendez-vous régionaux, une tournée virtuelle qui a permis à Suzanne Roy de rencontrer depuis le mois de septembre plus d’une centaine de mairesses et de maires de toutes les régions du Québec, alors que la tournée avait pour objectif de discuter des conditions de réussite pour la relance économique sécuritaire et durable.
Plusieurs enjeux fondamentaux ont été soulevés à cette occasion, notamment la relance de l’industrie touristique, le déploiement des services de garde, l’accès à Internet haute vitesse – surtout dans un contexte de télétravail et d’école à la maison – la vitalité des rues commerciales et des centres-villes, la pénurie de main d’œuvre, la pérennité du transport interrégional ainsi que le manque de logements locatifs.
« Pour l’UMQ, ces enjeux sont prioritaires pour réussir la relance. Pour certaines régions, c’est une question de vitalité et de dynamisme économique, pour d’autres, c’est une question de survie », a averti Mme Roy, avant d’ajouter : « Le projet de loi 66 sur la relance de l’économie était au cœur des discussions, compte tenu que les municipalités souhaitent elles aussi mettre en chantier leurs projets pour créer de la richesse et des emplois directs et indirects. Les retombées sont attendues et souhaitées partout au Québec », a conclu la présidente de l’UMQ.




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