Des organismes communautaires prêts pour la seconde vague

Photo de Steve Martin de l'Initiative de journalisme local
Par Steve Martin de l'Initiative de journalisme local
Des organismes communautaires prêts pour la seconde vague
(Photo : unsplash.com / Tim Marshall)

Les organismes ont été au front depuis le début de la pandémie. Difficile d’imaginer aujourd’hui comment nous aurions collectivement pu passer à travers cette dure période sans le support des intervenants et bénévoles du milieu. Mais le combat est loin d’être terminé. Une prochaine vague de COVID-19 pourrait mettre de nouveau nos ressources communautaires à l’épreuve.

« Les organismes communautaires de la région font un travail extraordinaire, croit Lise Bertrand, de la Corporation de développement communautaire (CDC) de Marguerite-D’Youville. Ils s’adaptent. Il y a aussi des groupes qui ont ajouté des services durant la pandémie. Le soutien psychosocial a été très, très présent. Plusieurs ont créé des activités virtuelle au début de la crise. Là, on recommence à faire du présentiel quand c’est possible. »

Mme Bertrand évoque par ailleurs à titre d’exemple du retour graduel à une certaine normale la réouverture des friperies communautaires. Celles-ci ont en effet dû cesser leurs opérations au début de la pandémie.

La directrice de la CDC croit par ailleurs que la situation difficile vécue depuis six mois a permis à des organismes de prouver qu’elles avaient la créativité et la résilience pour passer à travers de telles crises.

« Ç’a été le cas et ce, dès le jour un, affirme cette dernière sans hésitation. Je pense notamment au Centre d’entraide bénévole de Sainte-Julie qui a plus que doublé le nombre de repas distribués. Même chose à Contrecœur et au Centre d’entraide bénévole de Saint-Amable ou les demandes ont augmenté de façon considérable. »

Une ligne de soutien gratuite

Alors que le scénario d’une seconde vague se fait de plus en plus probable, Mme Lise Bertrand croit fermement que les organisme communautaires de la MRC Marguerite-D’Youville ont appris de leur expérience pandémique et sauront se montrer prêts et à la hauteur si le manège devait se répéter

« Définitivement. C’est certain. Ils sont rodés. Certains organismes ont fermé pendant l’été. Il y a des gens qui ont eu l’occasion de prendre un peu de vacances, alors ç’a fait du bien. J’ai senti que les participants étaient en forme hier et prêts à continuer à faire face à la situation. »

En revanche, la directrice de la CDC convient que l’anxiété qui s’est installée depuis le mois de mars dernier est loin d’être résorbée. Pour les employés et bénévoles qui se sentent envahis par le stress lié à la situation actuelle ou qui pourraient se sentir en détresse, Mme Bertrand rappelle d’ailleurs  qu’une initiative a été mise sur pied afin de leur offrir du soutien.

« Ça s’appelle la ligne LÉO. Ç’a été mis en place par le Comité sectoriel de main d’œuvre (CSMO) Économie sociale Action communautaire (ÉSAC) et la Fondation Lucie et André Chagnon. Ça permet aux intervenants, aux employés des organismes mais aussi aux bénévoles qui vivent de la détresse psychologique d’avoir du soutient. Ça n’est donc pas une ligne qui est disponible pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde mais seulement pour les gens qui œuvrent auprès des organismes communautaires. »

Une reconnaissance (pleinement) méritée

Du côté positif, les organismes qui ont eu à jouer un rôle prépondérant depuis le début de la crise ont pu bénéficier au fil des mois d’une recrudescence de la reconnaissance de la part de leurs pairs.

« En fait, la pandémie a mis en lumière que les groupes communautaires constituent vraiment un service essentiel. Et il faut rappeler que ces organisations sont depuis toujours sous-financées. Sans le soutien du gouvernement, ces organismes communautaires n’auraient pas pu répondre aussi rapidement à la demande. L’implications des villes a aussi joué un rôle important dans le maintien des activités. »

Mise en place pour une durée de quelques mois, les employés-es, ex-employés-es et bénévoles qui vivent une détresse psychologique sont invités à joindre le numéro 1 855 768-7LEO (1-855 768-7536).

Partager cet article