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Une communauté sous le choc…

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Par Daniel Bastin
Une communauté sous le choc…

Meurtre et double agression à Verchères

Le drame survenu vendredi dernier à Verchères a complètement bouleversé la petite municipalité et a soulevé plusieurs questions qui demeurent encore sans réponses…

Le présumé agresseur, Rolland Belzil, a comparu lundi au palais de justice de Sorel-Tracy à la suite des attaques survenues il y a quelques jours dans la municipalité de 5 500 âmes. L’homme de 70 ans devait faire face à six chefs d’accusation, dont une double tentative de meurtre pour avoir agressé avec un couteau le directeur général de Verchères, Luc Forcier, et son adjoint, Martin Massicotte.

Toutefois, l’avocat de l’accusé se questionnait sur son aptitude à comparaître et sa responsabilité criminelle dans cette affaire. Toujours selon son avocat, Rolland Belzil serait hautement suicidaire. Le juge a décidé que l’accusé  devra subir une évaluation psychiatrique de 30 jours à l’Institut Pinel, à Montréal. Les psychiatres devront décider s’il est apte à être jugé.

À son retour en cour, prévu le 13 février prochain, une autre accusation de meurtre avec préméditation devrait être portée contre lui en rapport avec la mort de son voisin, Ronald Malo, 80 ans, qui a été retrouvé sans vie dans sa grange située sur la route Marie-Victorin.

Des cris du cœur

Rolland Belzil et le couple formé de Ronald et Nicole Malo seraient en chicane depuis près d’une quinzaine d’années parce que Mme Malo aurait refusé les avances de l’accusé en 1997, ce qui l’aurait poussé à s’acharner sur la famille.

Le climat se serait envenimé au fil des années, au point où, en 2009, Ronald et Nicole Malo ont dû quitter leur maison pendant quelques jours après avoir reçu des menaces de mort de la part de Belzil. Ce dernier aurait été soumis à une probation de trois ans sans surveillance, alors que les contacts avec les Malo lui étaient interdits, mais il n’aurait pas respecté ses promesses à plusieurs reprises.

Selon la veuve, les menaces de mort se poursuivaient malgré tout et elle a déploré, dans une entrevue au Journal de Montréal, que la justice québécoise ait été incapable de protéger son mari.

L’avocate, Me Christine Dubreuil-Duchaine, qui a représenté la famille dans cette affaire pendant des années, a joint sa voix à celle de la veuve et a lancé un grand cri du cœur sur le site www.droit-inc.com pour que cette histoire réveille la communauté juridique. « Cet homme-là (Belzil) n’a pas fait une seule journée de détention de sa vie ! », s’indigne-t-elle.

« À quel moment déclare-t-on qu’une personne est dangereuse ou pas? Jusqu’où peut-on aller sans qu’il y ait de véritables conséquences? Pour moi, cette affaire est le pendant de celle de Guy Turcotte. Le fait que cela soit arrivé le même jour où l’on se pose la question de libérer ou non M. Turcotte a quelque chose d’ironique. » Selon elle, il ne doit plus y avoir d’autres cas comme celui de Ronald Malo. « Quelqu’un a payé de sa vie pour que ces questions soient posées », déplore-t-elle.

Sous le choc

La mairie de Verchères a rouvert ses portes mardi dernier. Dans un communiqué officiel, on indique que Luc Forcier et Martin Massicotte ont subi des lacérations à la tête, mais ils se porteraient bien dans les circonstances. Ils auraient pu regagner leur domicile tous les deux vendredi en fin de soirée, après avoir reçu des soins à l’hôpital Pierre-Boucher.

Rappelons que l’intervention du directeur du service d’incendie, André Larouche, qui a pu maîtriser Belzil dans le bureau du directeur général en attendant les secours, a peut-être permis d’éviter le pire aux deux hommes.

Dans le communiqué, le maire de Verchères, Alexandre Bélisle, a déclaré: « C’est avec une grande désolation que nous avons appris le décès d’un de nos concitoyens à la suite des événements. Anciennement col bleu à la Municipalité, le départ tragique de M. Ronald Malo laisse l’équipe municipale et la communauté de Verchères sous le choc. »

« L’agresseur était connu à la Municipalité, mais les deux fonctionnaires n’ont jamais imaginé qu’il en arriverait à poser un geste de la sorte. »

« La Municipalité ne connaissait pas l’ampleur des problèmes psychologiques du suspect. En effet, c’est un acte difficilement compréhensible, un acte répréhensible, un acte tragique. L’ensemble des employés qui ont vécu cet événement a un très bon soutien des gens du CSSS Pierre-Boucher. (…) La Municipalité a à cœur le bien-être et la sécurité de tous ses employés et prendra toutes les mesures requises afin d’aider l’équipe à se rétablir de cette tragédie. »

« En terminant, nous désirons offrir nos condoléances à tous les membres de la famille de M. Malo qui, eux, ont vécu un drame se terminant par un décès tragique », a conclu le maire.

 

 

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