Verchères 350

Servir Dieu à travers le sport

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Servir Dieu à travers le sport
"Monsieur Gilmar" devant l’autel de l’église de Sainte-Julie. (Photo : Steve Martin)

À l’église, Gilmar Hernandez enseigne la parole de Dieu et se met à l’écoute ainsi qu’au service de sa communauté. Mais lorsqu’il met le pied sur un terrain de soccer, c’est un autre rôle qu’il occupe auprès des jeunes sportifs de la région.

Originaire du Chili, « Monsieur Gilmar » a, comme beaucoup d’immigrants, dû rouler sa bosse avant de véritablement trouver sa voie à la suite de son arrivée au Canada. Après avoir travaillé dans le milieu des services d’entretien et mis sur pied sa propre entreprise de graphisme, il a vécu une expérience en 2004 qui l’a finalement mené sur la voie de la théologie.

Après avoir terminé son baccalauréat à l’université d’Ottawa en 2011, le jovial, parfois ricaneur mais calme personnage a entrepris sa maîtrise et s’est intéressé à l’importance des célébrations entourant le rituel du baptême au sein des familles québécoises

« C’est très spécial ce qu’on fait ici, nous raconte ce dernier. Ce ne sont pas que les parents mais toute la famille qui se réunit pour accueillir un enfant. Les oncles, les tantes, la grand-mère, l’arrière-grand-père sont là des deux côtés. On choisit un parrain, une marraine et c’est un rôle qui est important. On souhaite la bienvenue à une nouvelle vie et c’est une tradition forgée dans la culture québécoise. Tu ne vois pas ça ailleurs. Ni au Chili, ni en Colombie, ni au Costa Rica, au Venezuela ou au Brésil. »

Quand un jeune marque son premier but, il ne l’oublie jamais, croit Gilmar Hernandez. C’est une expérience joyeuse qui va lui permettre d’être mieux équipé pour gérer ses émotions et, plus tard, faire des choix de vie. »

De l’autel au terrain de foot

Après un détour du côté de Brossard durant ses stages, Monsieur Gilmar poursuit aujourd’hui sa route sur le chemin de la prêtrise auprès des communautés de Saint-Amable, Verchères et Sainte-Julie.

« Si j’ai choisi cette voie, c’est pour faire le bien, explique ce dernier. J’ai reçu un appel à servir les gens. Quand une dame qui a appris la théologie ancienne arrive, je l’accueille. Quand c’est un jeune homme qui ne connait peut-être pas les paroles d’une prière ou une famille qui vient d’arriver et qui ne connaît pas encore la langue, je les accueille au nom du Dieu du Christ, celui qui ne juge pas et qui ne cherche pas ce qu’il y a de mal en toi. »

Mais il n’y a pas qu’à l’église que Gilmar Hernandez utilise son temps pour faire le bien autour de lui. Il poursuit également cette mission à travers son implication auprès des jeunes joueurs de soccers de l’AS Montis, qui regroupe des clubs de Sainte-Julie, Saint-Basile-le-Grand et Saint-Bruno-de-Montarville, à titre de directeur des arbitres et, plus officiellement, de Responsable Sécurité, Éthique & Discipline.

« Pour moi le sport, c’est une façon de faire le bien en silence, sans avoir à parler de Dieu. Quand tu prends un garçon de 12, 13 ans qui peut porter une certaine obscurité, tu peux lui enseigner à travers le sport l’espoir, tu lui permets de développer sa force et des valeurs. Quand un jeune Québécois, qui ne connaissait rien au soccer, marque son premier but, il ne l’oublie jamais. C’est une expérience joyeuse qui va lui permettre d’être mieux équipé pour gérer ses émotions et, plus tard, faire des choix de vie. »

Le retour du ballon

Impliqué depuis un moment dans le soccer, Monsieur Gilmar peut aujourd’hui constater les bénéfices du sport sur les jeunes qu’il a côtoyé il y a quelques années sur le terrain. Parmi ses quelques anecdotes, il nous raconte avoir reçu la demande d’un ancien jeune joueur qui, en apprenant qu’il était prêtre, lui a demandé de célébrer son mariage avec sa copine.

« Je peux être en train de marcher aux Promenades Saint-Bruno et une fille m’interpelle pour me dire : « Je me souviens de vous ! Vous m’avez vu pleurer ! » C’était une adolescente qui, à l’époque, ne voyait pas beaucoup ses parents. Le soccer lui a permis de créer des liens. Parce que le sport, ça aide à forger le caractère et ça permet aussi au parent d’avoir des enfants qui traversent une adolescence plus tranquille. »

Le prêtre admet avoir constaté par ailleurs que des jeunes ayant utilisé le sport pour traverser certaines difficultés sont devenus des adultes en meilleure santé et qui ont appris les vertus de l’effort.

« J’ai découvert qu’il n’existe pas de plus beau cadeau que de se faire dire : « Vous étiez là pour moi, vous m’avez enseigné… merci. » Les sourires qui accompagnent ces mots, ça paye. Le soccer c’est mon dada et ça me permet de rappeler qu’il y a autres choses dans la vie que l’argent. Je veux que ces jeunes deviennent des leaders. Certains vivent des expériences tellement dures. Je veux les aider à bâtir une armure pour qu’ils soient équipés pour faire face à la vraie vie. »

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