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Saint-Lambert, Saint-Bruno-de-Montarville et Longueuil : trois maires rabroués par les membres de leur conseil

Photo de François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Par François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Saint-Lambert, Saint-Bruno-de-Montarville et Longueuil : trois maires rabroués par les membres de leur conseil

Décidément, trois maires de l’agglomération de Longueuil ne sont pas sur la même longueur d’onde que leurs élus locaux, car les membres des conseils de Longueuil, de Saint-Lambert et de Saint-Bruno-de-Montarville ont tout simplement rabroué leur maire qui demandait récemment des changements à la gouvernance de l’agglomération.
En mars dernier, une majorité de maires de l’agglomération, soit ceux de Longueuil, de Saint-Lambert et de Saint-Bruno-de-Montarville, de même que l’ensemble des conseillers qui y siègent (des élus de Longueuil), adoptaient une résolution pour demander à la ministre des Affaires municipales de modifier certaines règles de gouvernance de l’agglomération, principalement pour soustraire les maires à l’obligation de voter en fonction des orientations adoptées par la majorité des élus de leur propre conseil (article 61 et 62 de la loi).
Il faut ici préciser que les maires de Saint-Bruno-de-Montarville, de Saint-Lambert et de Longueuil ne solliciteront pas de nouveau mandat lors des élections municipales du 7 novembre prochain.
La résolution ne résonnera donc pas très fort au bureau de la ministre, car au cours des deux dernières semaines, non seulement les conseillers locaux de Saint-Lambert, de Longueuil et de Saint-Bruno-de-Montarville ont voté une résolution pour confirmer l’obligation de leur maire de les représenter à la table de l’agglomération, mais la même résolution a aussi été adoptée par les élus locaux de Boucherville et de Brossard même si les maires de ces deux villes n’avaient pas voté pour la demande initialement faite à la ministre. Dans leur nouvelle missive, les élus locaux en ont aussi profité pour demander à la ministre des Affaires municipales de ne pas donner suite à la fameuse résolution initiale de modifier la loi.

Cette volte-face n’a pas empêché le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Martin Murray, de répéter lors de l’assemblée du conseil d’agglomération d’avril qu’en menottant ainsi les maires, ceux-ci n’avaient plus aucune marge de manœuvre, qu’ils ne pouvaient aucunement faire preuve de discernement et même de gros bon sens, que cette position équivalait à une politique de terre brûlée (surtout dans le cas de Saint-Bruno dont le conseil force son maire à voter contre toutes les dépenses au conseil d’agglomération en guise de protestation), et que la situation frisait le ridicule.
Malgré la position du maire de Saint-Bruno-de-Montarville, le conseil d’agglomération a tout de même adopté, lors de la séance d’avril, des emprunts d’environ 40 millions de dollars pour divers projets de développement au Réseau de transport de Longueuil ainsi qu’une autre dépense de 12 millions de dollars pour la construction d’une nouvelle caserne de pompiers à Brossard, là où le développement se fait à la vitesse grand V avec une population qui atteindra d’ici à environ trois ans 100 000 habitants.
Un malaise pour Jean Martel
La démarche, entreprise à la dernière seconde de l’assemblée du conseil d’agglomération de mars dernier par la mairesse de Longueuil, a créé un véritable malaise au maire de Boucherville, Jean Martel. « Ça s’est fait lors du tour de table final de l’assemblée, sans prévenir, sans consulter. J’ai été pris par surprise, j’étais mal à l’aise, j’aurais même dû interpeller le président du conseil parce que la démarche n’était pas conforme, il n’y avait pas eu ni consultation ni orientation des conseils locaux au préalable. J’ai eu le réflexe de ne pas voter pour cette demande de modification à la gouvernance et j’ai même invité mes collègues à consulter leurs conseils locaux avant de prendre position. C’est ce que j’ai fait et les membres du conseil de Boucherville ont été unanimes à demander à la ministre de ne pas tenir compte de la demande de modification, d’autant plus que ce ne sont pas les deux articles qui étaient en jeu, mais bien un décret ajouté à la loi sur les agglomérations. Respecter les orientations d’un conseil majoritaire est le fondement même de la démocratie municipale », a mentionné le maire Martel, c’est pourquoi il est tout à fait à l’aise avec la démarche de l’ensemble des conseils municipaux locaux des cinq villes de l’agglomération de Longueuil de demander à la ministre « d’oublier ça » !




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