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Démolition du 500, Saint-Joseph à Sainte-Julie: Le conseil demeure ferme et maintient sa position

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Démolition du 500, Saint-Joseph à Sainte-Julie: Le conseil demeure ferme et maintient sa position
Karine, Michel et leurs trois enfants âgés de 8 à 12 ans. (Photo : courtoisie)

Lors de la séance du mardi 13 avril, les élus de Sainte-Julie ont confirmé qu’ils maintenaient une décision prise par le comité de démolition en novembre dernier, celle de ne pas accorder le certificat demandé par les promoteurs désirant démolir la propriété située au 500, boul. Saint-Joseph afin d’y ériger un multiplex de 28 logements.

Le conseil a évoqué que sa décision a notamment été prise parce que le plan d’implantation et d’intégration architectural relatif au projet de remplacement a déjà été refusé lors de la séance du 8 décembre dernier et que ce refus est contesté en justice par les requérantes, dans ce cas-ci, les Habitations Raymond Guay et Habitations Fontaine.

Si cette nouvelle est bien accueillie par les nombreux citoyens ayant contesté le projet à l’automne, elle pour le moins ironique pour la famille qui louait la maison et qui a dû plier bagage à la demande des promoteurs. Les occupants ont en effet dû quitter à la hâte, en hiver et de surcroît en pleine pandémie, une maison qui, tout compte fait, ne sera vraisemblablement pas détruite ce printemps.

Démoviction?

Après avoir reçu en novembre dernier un avis d’expulsion les enjoignant à quitter leur demeure pour le 11 janvier, Michel Lecomte et Karine Bernier ont dû faire l’impossible : trouver un nouveau toit à proximité afin de permettre à leurs trois enfants, âgés de 8 à 11 ans, de demeurer à la même école.

Une quête qui, en raison de la crise du logement qui sévit, est de plus en plus ardue pour les familles du Québec. Encore plus, peut-on imaginer, à quelques semaines du temps des Fêtes. « C’est certain que ç’a été très difficile, admet Michel qui affirme avoir obtenu du propriétaire une extension leur permettant de quitter pour le 1er février. Il fallait déménager et on avait la pression de faire ça au plus vite. Je travaille de la maison, alors c’est moi qui devais faire de la recherche à tous les jours pendant que Karine travaillait au CLSC. Je n’ai fait que ça. Mais j’ai fini par trouver une maison quand même bien pour mes enfants. »

Au-delà du défi de trouver un appartement capable d’accueillir une famille comptant cinq membres, il ne faut pas se surprendre que le déménagement ne se soit pas fait dans un contexte idéal lui non plus. « Comme nous étions en temps de pandémie, je n’avais pas beaucoup d’aide, alors je me suis fait à l’idée que j’étais seul pour déménager deux frigidaires. Heureusement, j’ai quand même eu un peu d’aide de mes amis, mais ç’a quand même pris deux semaines. Le propriétaire est même venu changer les serrures pendant que j’étais là. »

Une famille résiliente

Bien qu’ils aient mis en doute la légalité de la démarche d’expulsion dont ils ont fait l’objet, le couple a finalement, après avoir négocié certaines clauses du document initialement présenté par le propriétaire, décidé de quitter les lieux comme exigé par ce dernier.

« J’ai pensé pendant un moment à me battre, admet Michel. Quand le propriétaire s’est présenté à la porte pour nous demander de signer un papier en novembre, je suis tout de suite allé voir mes droits et j’ai constaté qu’en nous battant, nous pouvions exiger un minimum de trois mois, mais ça n’aurait pas été sain de vivre dans une ambiance comme celle-là. Nous avons trois enfants, alors je voulais que tout le monde soit bien et que nous ne soyons pas trop stressés. Alors, nous avons décidé de faire notre possible afin de trouver un endroit où habiter avant le deadline. Au bout du compte, ça nous a coûté cher, mais il y a des choses pires dans la vie. »

 

 

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