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Le REM jusqu’à Boucherville : le courant ne passe pas pour le maire Martel

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Par Diane Lapointe
Le REM jusqu’à Boucherville : le courant ne passe pas pour le maire Martel
Le maire Jean Martel

Le maire de Boucherville Jean Martel est en colère. Il ne souhaite absolument pas que le REM soit prolongé jusqu’au cœur de Boucherville. « C’est scandaleux de nous imposer cela! », s’exclame-t-il.

M. Martel n’a pas non plus aimé apprendre dans La Relève la semaine dernière, et jeudi dernier dans La Presse, que le gouvernement du Québec songe à aménager un nouveau tronçon du REM entre Châteauguay et Boucherville.

Il s’est montré très préoccupé par ce projet qui est directement lié à la densification urbaine. « Est-ce que c’est cela que l’on veut à Boucherville, ressembler à Brossard ou à l’Île-des-Sœurs? »

En entrevue avec La Relève, M. Martel a rappelé que son administration a toujours tenté de ralentir le développement. C’est entre autres pourquoi quatre poursuites ont été intentées contre la Ville au cours des dernières années qui refusait la construction de tours: une a été gagnée, deux ont été réglées hors cour et une est toujours pendante.

« On nous a imposé les fusions forcées, ensuite les défusions manquées (l’ancienne mairesse Francine Gadbois a dû négocier un pacte fiscal avec Longueuil pour rétablir les choses), mais là, on examine un projet qui amènera un développement. Une fois qu’il sera fait, il sera impossible de revenir en arrière. »

« On apprend les projets de développement du REM via les journaux et les questions de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ infra) sont posées, dans une correspondance datée du 8 février dernier, à notre directeur du génie. Il n’y a eu aucun contact avec nous, les élus. »

« S’ils veulent que le REM se rende aux limites de Longueuil dans le secteur du complexe 20/20, c’est une chose, mais de l’amener de ce côté-ci de l’A20, ça vient porter atteinte à notre qualité de vie et c’est un enjeu qui nous interpelle fortement au conseil municipal. »

Cinq axes majeurs

Selon un document que La Relève a obtenu via la Loi sur l’accès à l’information,  la CDPQ n’a pas statué précisément sur le corridor spécifique de passage de transport, mais a cerné les axes majeurs, c’est-à-dire les utilités suivantes : abords de l’A20; abords de la route 132; le boulevard Marie-Victorin; le boulevard Industriel; le boulevard de Montarville jusqu’au chemin De Touraine; le boulevard Mortagne.

« La Caisse effectue présentement un diagnostic du secteur, étape nécessaire avant le choix de tracés. Ces axes ne constituent pas les corridors choisis, mais permettront de dresser le portrait des contraintes d’utilités de la municipalité. »

M. Martel se questionne par ailleurs sur la rentabilité et la nécessité d’amener le REM à Boucherville. « C’est un projet extrêmement coûteux. Est-ce que l’achalandage sera là? Il faut aussi considérer l’impact du télétravail sur le transport en commun. »

La CDPQ doit déposer son rapport et ses recommandations directement au gouvernement du Québec au cours des prochains mois.

Sainte-Julie veut l’accueillir

De son côté, la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, espère que ce projet se réalisera dans le corridor de l’autoroute 30 pour s’étendre jusqu’à l’échangeur A-20/A-30 et, mieux encore, à Sainte-Julie.

« Si c’est possible, nous accueillerons le REM à bras ouverts. Le transport collectif a toujours figuré au cœur de nos priorités », a-t-elle déclaré.

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