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Une Amablienne veut intenter une action collective contre Nintendo

Photo de Daniel Bastin
Par Daniel Bastin
Une Amablienne veut intenter une action collective contre Nintendo
Le problème des manettes Joy-Con est connu, puisque des recours ont déjà été intentés aux États-Unis. (Photo : Nintendo)

Le 15 janvier dernier, Me Jimmy Lambert a déposé une demande d’autorisation d’exercer une action collective contre Nintendo dans le but d’obtenir une compensation pour les consommateurs québécois qui ont acheté des consoles Nintendo Switch, Switch Lite, ainsi que des manettes Joy-Con et Nintendo Switch Pro. Une jeune femme de Saint-Amable, Kelly-Ann St-Laurent, 23 ans, est à l’origine de cette requête qui est en attente de la réponse d’un juge de la Cour supérieure du Québec.
Dans la demande, on indique que l’Amablienne a acheté une console Nintendo Switch en novembre 2017 et, après 11 mois d’usage, elle a constaté que sa manette Joy-Con gauche était défectueuse et que celle-ci envoyait des commandes directionnelles dans son jeu sans qu’il y ait d’intervention manuelle, un phénomène appelé « Joy-Con Drift » en anglais. On ajoute que la requérante a remarqué par la suite que le problème persistait dans ses autres jeux et également lors de la navigation dans le menu principal de la console.
Mme Kelly a alors contacté Nintendo et a expédié sa manette gauche en usine à Vancouver pour réparation. Or, deux mois après, elle a constaté le même problème avec la manette droite et, ultérieurement, avec une seconde paire de manettes Joy-Con, ainsi que la manette Nintendo Switch Pro, ce qui fait qu’elle a dépensé plus que les 400 $ que lui avait coûté la console au départ.
Grave et caché
Toujours selon la demande déposée au Palais de justice de Montréal, le « Joy-Con Drift » constitue « un défaut important, grave et caché », puisque, en vertu de la Loi sur la protection du consommateur, une personne qui achète un produit a droit à ce que celui-ci serve à l’usage normal auquel il est destiné et que sa durée de bon fonctionnement soit raisonnable, compte tenu du prix payé et de l’utilisation qu’il en fait.
Dans le document, on indique également que « les consommateurs n’auraient pas acheté les consoles ni les manettes défectueuses ou n’auraient pas payé un prix aussi élevé s’ils avaient connu l’espérance de vie réduite qu’ils pouvaient espérer de ces produits en raison du défaut; le défaut empêche ces produits de remplir la fonction pour laquelle ils ont été achetés et entraîne des inconvénients chez les consommateurs; le défaut n’a pas été révélé par Nintendo; les consommateurs n’ont pas pu déceler le défaut suite à un examen ordinaire des produits ».
« De ce fait, Nintendo a également fait passer sous silence un fait important, soit la qualité de ses produits, qui est un élément déterminant susceptible d’influer sur le choix éclairé du consommateur », ajoute-t-on.
Le problème des manettes Joy-Con est connu, puisque des recours ont déjà été intentés aux États-Unis et la requête demande que chaque personne qui a acheté une console Switch au Québec ait droit à 100 $ à titre de dommages punitifs. À cela s’ajouterait un montant compensatoire de 90 $ à 130 $ pour chaque produit défectueux.
Les membres potentiels de la future action collective qui doit être autorisée – c’est-à-dire toutes les personnes résidant au Québec qui ont acheté des consoles ou manettes Nintendo Switch, Switch Lite, Joy-Con et Nintendo Switch Pro, depuis le 1er août 2017 – peuvent s’inscrire dès maintenant à l’adresse : lambertavocatinc.com/recours-collectif-nintendo.



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