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COVID : des pertes de plus d’un milliard $ pour les municipalités en 2020

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Par Daniel Bastin
COVID : des pertes de plus d’un milliard $ pour les municipalités en 2020
L’UMQ présidée par la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, a préparé un plan de relance économique municipal qui s’appuie sur quatre axes stratégiques d’intervention. (Photo : Shutterstock)

La guerre à la COVID-19 se transforme graduellement en guerre aux effets à long terme de la pandémie et l’Union des municipalités du Québec (UMQ) est au front afin de trouver des solutions pour contrer ces effets présents et futurs qui peuvent s’avérer dévastateurs.
Récemment, l’UMQ a rappelé que la crise de la COVID-19 a entraîné des impacts financiers majeurs pour les municipalités car celles-ci doivent faire face à la fois à une baisse substantielle de leurs revenus et à une augmentation significative de leurs dépenses. Une étude de l’Union des municipalités du Québec réalisée notamment avec la firme Raymond Chabot Grant Thornton estime à près de 1,4 milliard $ le maximum des pertes financières que devront absorber les municipalités québécoises d’ici la fin de 2020.
Pour contrer ce problème majeur, le regroupement a préparé un plan de relance économique municipal qui s’appuie sur quatre axes stratégiques d’intervention, soit le développement durable; la mise en chantier des projets d’infrastructure, notamment le transport collectif; la vitalité des municipalités et des régions; le soutien aux commerces de proximité et aux entreprises.
Le plan a été élaboré de concert avec les municipalités membres de l’Union, mais également avec plusieurs partenaires économiques d’importance, dont notamment Alliance de l’industrie touristique du Québec; la Chambre de commerce du Montréal métropolitain; la Communauté métropolitaine de Montréal; le Conseil québécois du commerce de détail; le Conseil du patronat du Québec; la Fédération des chambres de commerce du Québec; la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.
Effet de levier
Une des clés maitresses de ce plan, ce sont les investissements dans les infrastructures car chaque dollar investi dans ce secteur génère jusqu’à 1,64 $ en croissance économique et chaque milliard de dollars investi permet de créer 18 000 emplois directs et indirects. L’UMQ propose entre autres de mettre en chantier les projets municipaux prêts à démarrer, en accélérant et en simplifiant les processus d’autorisation.
On indique dans le document : « Le gouvernement pourrait accélérer les projets municipaux qui ont rempli une ou plusieurs conditions (ex. : règlement d’emprunt approuvé, plans et devis complétés, études de sols réalisées, certificats d’autorisation émis, prêt à aller en appel d’offres) pour les programmes suivants: Fonds pour l’infrastructure municipale d’eau (FIMEAU); Programme d’infrastructures municipales d’eau (PRIMEAU); Programme Réfection et construction des infrastructures municipales (RECIM); Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives et sportives (PAFIRS); Programme d’aide à la voirie locale (PAV); Programme d’aide au développement du transport collectif (PADTC); Programme d’aide québécois aux infrastructures aéroportuaires régionales (PAQIAR).
L’étude prône également le soutien aux entreprises et aux commerces de proximité car la fermeture de la frontière canado-américaine, la fermeture généralisée des entreprises et des commerces non essentiels ainsi que l’arrêt des chantiers de construction ont généré des impacts économiques « rarement vus dans l’histoire ».
Parmi ces conséquences, on remarque : baisse de 14,7 % du PIB trimestriel; hausse du taux de chômage à 24,2 %; perte de 9,3 milliards $ en salaires et traitements pour les travailleuses et les travailleurs; contraction comprise entre 13 % et 32 % du commerce mondial; baisse des exportations de plus de 40 % en Amérique du Nord.
400 millions $ de Québec
Chaque geste posé par les différents paliers de gouvernement afin de relancer l’économie est accueilli favorablement par l’UMQ. Récemment, le regroupement s’est réjoui de l’aide de 400 millions $ annoncée le 18 juin dernier par le gouvernement du Québec pour contrer l’impact financier de la crise de la COVID-19 sur le transport collectif.
« L’engagement de 400 millions $ d’investissements pour l’année 2020 constitue un geste significatif », a déclaré Suzanne Roy, présidente de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie. L’étude sur les impacts financiers que nous avons produite chiffre à près de 1,4 milliard $ le maximum des pertes que connaîtront les budgets municipaux en raison de la COVID-19. La part du lion est pour le transport collectif, avec 670 millions $ de pertes. Nous soulignons donc cet investissement, qui est également essentiel pour une relance économique durable. »
« Après l’aide au transport collectif, il faudra trouver des solutions pour endiguer les autres pertes que connaissent les municipalités, c’est-à-dire celles liés au ralentissement du marché immobilier ou à la diminution droits de mutation et des permis de construction. D’autres secteurs sont également touchés par la COVID-19. Nous souhaitons que le gouvernement annonce clairement ses intentions lors de la mise à jour économique sur d’autres dossiers d’importance. Avec les mesures à mettre en place, les camps de jour municipaux engendrent un déficit supplémentaire de près de 40 millions $. Le transport aérien, le logement et la forêt doivent également faire l’objet d’une attention particulière de la part de Québec », a conclu Mme Roy en appelant dès maintenant le gouvernement du Canada à poursuivre ses discussions avec Québec pour arriver à un plan à long terme pour une reprise réussie.



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