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Enfants en difficulté, parents sous pression: « Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. »

Steve Martin de l’Initiative de journalisme local
Enfants en difficulté, parents sous pression: « Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. »
Ilest surtout important pour les parents de ne pas sombrer dans la culpabilité et le sentiment d’être inadéquats (Photo : Shutterstock)

Si certains parents se sont retrouvés au cœur d’une situation difficile depuis le début de la période d’isolement social, il faut se souvenir que nombre d’entre eux ont dû affronter un défi auquel ils n’ont peut-être pas eu à faire face par le passé.

« Il y a des familles pour qui l’équilibre et le moral des individus reposaient sur le fait que chacun avait son espace de vie un peu séparé, nous dit Delphine Collin-Vézina, directrice du Centre de recherche sur l’enfance et la famille de l’Université McGill. En temps normal, les parents travaillent alors que les enfants fréquentent des classes spécialisées et ils se retrouvent le soir. Durant le confinement, on peut comprendre que certains parents ont pu se sentir dépassés. Il faut se rappeler cependant qu’il y a tout de même beaucoup de ressources qui existent, le service psychosocial est encore là, et ce, même si les écoles sont fermées et que tout se fait davantage par téléphone. »

Selon la chercheuse, il est surtout important pour les parents de ne pas sombrer dans la culpabilité et le sentiment d’être inadéquats.

« Quand on a besoin de ventiler, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide et aller chercher des ressources, rappelle la chercheuse en faisant allusion à ceux qui doivent veiller sur des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou un retard intellectuel marqué. On parle des parents, mais ça peut aussi être les familles d’accueil et tout donneur de soins. Il ne faut pas avoir honte. »

Le retour en classe

Si certains parents questionnent la décision de rouvrir les classes des écoles primaires de la région le 19 mai, de nombreux intervenants croient par ailleurs que les jeunes les plus vulnérables seront les premiers à bénéficier d’un retour à une routine plus normale.

« Il faut comprendre que pour certains enfants qui vivent dans un contexte familial plus difficile, l’école est un havre de paix, explique Mme Collin-Vézina. Pour eux, c’est vraiment l’endroit où ils pouvaient se sentir compétents et en sécurité, où ils avaient accès à des adultes ayant la capacité de les soutenir. »

Parmi les enfants ayant des problèmes pouvant être amplifiés lors d’une pause scolaire prolongée, la professeure cite à titre d’exemple ceux qui ont des troubles de l’attachement ou encore des problèmes graves du comportement.

« L’école peut vraiment permettre de changer leur trajectoire et de leur donner accès à des services qui sont essentiels, croit-elle. Alors oui, je pense que le retour en classe devrait passer d’abord par les enfants qui ont le plus de besoins, mais je comprends également que ce n’est pas quelque chose qui n’est pas simple à mettre en place. »

 

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