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Dernier clap pour les tournages d’Une autre histoire dans la région

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Dernier clap pour les tournages d’Une autre histoire dans la région
Durant quatre saisons, Varennes et les environs auront servi de toile de fond pour l’émission, en plus d’accueillir les équipes ainsi que les bureaux de la production. (Photo : Yan Turcotte)

Les tournages du feuilleton Une autre histoire ont pris fin ces derniers jours. Durant quatre saisons, Varennes et les environs auront servi de toile de fond pour l’émission, en plus d’accueillir les équipes ainsi que les bureaux de la production. Mais malgré les bénéfices qu’a pu en tirer la région, ce type de création pourrait bien se faire plus rare chez nous à l’avenir.  

L’aventure d’Anémone, une mère de famille au passé trouble affectée par le développement hâtif de la maladie d’Alzheimer, va prendre fin au printemps. Habitant la municipalité fictive de Belleville, la thanatopractrice incarnée par Marina Orsini évoluait dans un milieu résolument rural alors qu’une partie de sa famille était plutôt enracinée à Laval.

Recherchant un endroit qui pouvait servir à reproduire ces deux milieux bien distincts, l’équipe de Sphère Média a trouvé chaussure à son pied dans notre région. « On cherchait un endroit qui pouvait avoir un aspect « village » et on a été très chanceux de trouver ça à Varennes puisque c’est tout près de Montréal, explique le producteur délégué au contenu Gilles Légaré. Ça fonctionnait très bien dans l’histoire. »

Patrice Godin et Marina Orsini

Des retombées pour les commerces

Selon le producteur, le tournage de chacun des 24 épisodes d’une saison d’Une autre histoire nécessitait de trouver entre 20 et 32 décors pour les différentes scènes qui le composaient. « Quand on doit tourner 24 épisodes d’une émission, on divise ça en trois blocs de tournage, ce qui veut dire qu’on retourne trois fois sur les lieux. C’est périodique. On s’installe quelque part durant quelques jours ou quelques semaines, alors quand ça s’étend sur plusieurs années, on apprend à vivre avec les gens de la ville. Après quatre ans, je peux dire qu’on est pas mal connu de tous à Varennes, mais aussi à Boucherville! »

Dans un contexte où les budgets fondent comme neige au soleil, il était important pour l’équipe de production de s’enraciner quelque part et d’éviter les nombreux déplacements. « Plutôt que de nous déplacer avec nos roulottes, nous avons installé nos bureaux à Varennes, poursuit Gilles Légaré. Ça fait en sorte que les municipalités en bénéficient davantage puisqu’on amène beaucoup plus de capitaux ainsi. Pendant quatre ans, nous avons tourné dans des commerces de la ville, mais aussi à Sainte-Julie, Boucherville et Longueuil. C’est beaucoup de retombées. On parle de plusieurs millions de dollars. »

 

La fin pour des tournages dans la région?

Les prochaines années seront plus difficiles pour les équipes qui, à l’instar de celle d’Une autre histoire, veulent se déplacer hors de Montréal, et ce, malgré la volonté des diffuseurs de mettre les régions du Québec en valeur. Selon M. Légaré, l’obligation de verser des per diem pour chaque journée de tournage à plus de 25 km du métro Berri (40 km avant 2019) a un effet dissuasif pour les producteurs.

Le milieu de la Rive-Sud a également souffert, semble-t-il, d’une densification des tournages locaux et internationaux, ce qui a pu effaroucher certains résidents. « À force de tourner dans les mêmes lieux, les gens se tannent, admet M. Légaré. Et puis, les règles ont changé. Maintenant il faut faire des demandes de permis 20 jours d’avance alors qu’avant, les délais étaient beaucoup plus courts. Les règles se sont durcies. Il y a des moratoires. Notamment la rue du Café bistro Saint-Laurent à Boucherville. Nous n’avons plus le droit de tourner là, à moins de faire une pétition qui sera acceptée par 100 % des gens. »

Selon le producteur, l’arrivée de grandes productions américaines comme celles de Quantico ces dernières années ou The Republic of Sarah a pu nuire aux créateurs québécois. « Elles ont un peu brulé la place. Elles ne viennent qu’une fois et ne sont pas respectueuses des gens. Elles font du bruit toutes les heures alors que nous, on fait tout pour avoir un impact minimal sur le milieu. Parce que pour nous, c’est une ressource renouvelable. »

 

 

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