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Lapalme Conception Mécanique de Varennes: L’intelligence artificielle au service de l’agriculture

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Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Lapalme Conception Mécanique de Varennes: L’intelligence artificielle au service de l’agriculture
Éric Lapalme et un prototype du SAMI mis au point par son entreprise située à Varennes. (Photo : Lapalme AGTECH)

Alors que le manque de main-d’œuvre dans le milieu agricole fait la manchette, Lapalme Conception Mécanique de Varennes propose une piste de solution qui pourrait remédier au problème d’ici quelques années.

L’entreprise a en effet utilisé les outils mis à sa disposition grâce aux progrès de l’intelligence artificielle afin de développer un robot capable de récolter les brocolis grâce, notamment, à un dispositif de vision avancé.

Le SAMI (système agricole multifonctionnel intelligent) est composé d’un tracteur équipé d’un appareil muni de bras robotiques sur chaque côté qui cueillent les légumes au passage.

Une fois déposés sur des convoyeurs, les brocolis seront par la suite transportés vers une station de tri où d’autres robots pourraient prendre le relais et procéder à l’emballage, la mise en boîte, la palettisation et le stockage.

Un projet, trois grands marchés potentiels

Selon Éric Lapalme, président de l’entreprise, les tests effectués à ce jour ont donné des résultats prometteurs. Ce dernier prévoit par ailleurs que quatre appareils comprenant 20 bras robotiques pourraient être mis à la disposition des agriculteurs dès la prochaine saison des récoltes, un nombre qui est volontairement restreint afin de limiter le risque au cours de la première phase de développement du projet.

L’entrepreneur entrevoit cependant une augmentation rapide de la cadence lors des phases subséquentes de production de l’appareil pour lequel sa compagnie a déposé des brevets d’exploitation pour les marchés canadien, américain et européen. Cette accélération est nécessaire sur ces trois grands marchés afin d’éviter que l’initiative n’inspire des concurrents tentés de reprendre les grandes lignes de cette initiative technologique pour leur propre bénéfice.

M. Lapalme ajoute que, si l’embauche de travailleurs étrangers a permis aux entreprises de maintenir leur production au cours des dernières années, elle limite cependant les possibilités de croissance des entreprises agricoles.

« Il y a plusieurs producteurs qui me disent qu’ils aimeraient étendre leur production maraîchère et diminuer leur production de grandes cultures, a confié Éric Lapalme à La Presse canadienne. Mais ils ne peuvent pas le faire, car ils ne sont pas en mesure de trouver plus de main-d’œuvre. Donc ça limite énormément le développement des fermes maraîchères au Québec. »

Un coup de pouce de Québec

En plus d’avoir collaboré étroitement avec le Centre de robotique et de vision industrielle de Québec (CRVI), l’entreprise varennoise a par ailleurs reçu un appui afin de matérialiser les promesses de cette nouvelle technologie. Le gouvernement a en effet octroyé 1,3 million de dollars à l’entreprise afin d’aider le projet alors qu’Investissement Québec a contribué par le biais d’un prêt de 100 000 $.

Selon le ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon, le développement de projets de l’envergure du SAMI est on ne peut plus prometteur. « C’est un moyen d’être un leader, a avancé le ministre. D’une part, on augmente la productivité. D’autre part, les emplois qui sont requis pour cueillir les brocolis vont peut-être disparaitre. Ça peut paraître dur de dire ça, mais je pense que c’est important, car il faut requalifier la main-d’œuvre dans des secteurs mieux rémunérés. »

M. Fitzgibbon a d’ailleurs souligné que la majorité des 194 000 postes à pourvoir au Québec serait des emplois payés au salaire minimum.

Chaque appareil pourrait coûter environ 400 000 $, plus 100 000 $ par bras robotisé. Après le brocoli, l’entreprise pourrait utiliser cette même technologie afin de développer des appareils similaires capables de procéder à la récolte des céleris, choux, choux-fleurs et asperges. De nouvelles machines pourraient également être conçues afin, éventuellement, de cueillir aussi des fruits comme la pomme, la pêche, la poire ou la nectarine.

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