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Érosion des berges : une action collective pour mettre en lumière l’injustice que vivent plusieurs riverains

Photo de Daniel Bastin
Par Daniel Bastin
Érosion des berges : une action collective pour mettre en lumière l’injustice que vivent plusieurs riverains
« Les dommages subis par les propriétaires riverains ne sont pas que de simples inconvénients subis par les occupants de ces propriétés riveraines. Il s’agit d’une véritable attaque contre leur propriété! », a martelé Me Olivier Laurendeau. (Photo : CPBSL)

Le combat de David contre Goliath a marqué les esprits de bien des gens à travers le monde. Dans la région, un tel « affrontement » se déroule présentement, car des citoyens de Varennes, Verchères et Contrecœur ont été autorisés par un juge de la Cour supérieure du Québec à aller de l’avant afin de prouver devant les tribunaux que les dommages causés aux rives de leurs propriétés sont attribuables au transport maritime dont le gouvernement fédéral a la responsabilité.
Selon le Comité pour la protection des berges du Saint-Laurent (CPBSL), cette action collective de 50 millions de dollars contre Ottawa est « une première » qui évite une multitude de recours comme par le passé et dont on peut voir un exemple dans le reportage sur l’érosion des berges de l’émission « La Facture » diffusée le 14 janvier 2020.
« C’est un jour important, car nous espérons que cette action collective exposera la grande injustice que vivent les propriétaires et les municipalités riveraines et qui doit cesser! », a lancé Carine Durocher, membre du collectif de citoyens qui a intenté le recours dont la cause reste à être entendue. Mme Durocher a rappelé que ce recours légal s’inscrit à la suite de plusieurs années d’inaction du gouvernement fédéral qui a négligé d’entretenir les ouvrages qu’il avait pourtant érigés dans les années 1960 pour protéger les berges contiguës aux propriétés riveraines sur une partie du littoral.

Une « attaque contre leur propriété »
Selon les informations recueillies par le CPBSL, plus de 50 % des terrains riverains des trois municipalités subissent présentement des dommages liés à l’érosion qui ne feront qu’augmenter au cours des prochaines années, notamment si le projet d’agrandissement des installations du Port de Montréal à Contrecœur se concrétise.
Le comité citoyen a fait valoir qu’un ouvrage de protection des berges peut coûter plusieurs milliers de dollars pour chaque mètre linéaire, sans l’assurance de la durabilité de travaux complexes et au prix d’un dédale de procédures d’autorisations requises pour effectuer des travaux aux abords du Saint-Laurent.
« Les dommages subis par les propriétaires riverains ne sont pas que de simples inconvénients subis par les occupants de ces propriétés riveraines. Il s’agit d’une véritable attaque contre leur propriété! », a martelé Me Olivier Laurendeau du cabinet Laurendeau Rasic S.E.N.C. qui mènera l’action collective. « En l’absence d’ouvrage de protection adéquat, les vagues grugent du terrain tous les ans et peuvent même aller jusqu’à menacer d’effondrement les constructions, parfois des habitations, qui se trouvent à proximité. Ces terrains doivent être protégés par des ouvrages solides capables de résister, année après année, à l’action des vagues causées par la navigation commerciale. »
« Ce jugement est un véritable désaveu envers le gouvernement de Justin Trudeau qui a tenté par toutes sortes de moyens d’empêcher l’action collective d’aller de l’avant par le biais de ses avocats », a déclaré le député de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères, Xavier Barsalou-Duval, qui avait déposé en mai 2019, une pétition signée par 2 300 personnes à ce sujet, sans succès. « Le juge a finalement vu clair dans leur jeu. L’absence d’écoute et de support de ce gouvernement quant aux doléances des citoyens ne leur laissait d’autre choix que de s’adresser aux tribunaux. »
Pour sa part, la présidente du Comité pour la protection des berges du Saint-Laurent, Micheline Lagarde, espère que David l’emportera encore sur Goliath et que leur « fronde » sera cette action collective. « Il y va du respect de l’environnement et incontestablement d’un legs pour les générations futures. »


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