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Déficit en transport en commun : trois années difficiles en perspective pour le RTL

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Par François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Déficit en transport en commun : trois années difficiles en perspective pour le RTL
RTL; opérations et services.

La pandémie de la COVID-19 a eu un impact important sur l’ensemble de l’industrie du transport en commun, que ce soit ici sur la Rive-Sud de Montréal ou dans l’ensemble de la Communauté métropolitaine de Montréal. Le manque à gagner pour l’ensemble des transporteurs du territoire de l’Autorité régionale de transport de la région métropolitaine (ARTM) pourrait même frôler le milliard de dollars d’ici à la fin de 2022. Ce manque à gagner, estimé à 930 millions $ actuellement, aurait de sérieuses répercussions pour le Réseau de transport de Longueuil.  Diminution de services et hausse de tarifs seraient dans le collimateur. Selon les premières projections, l’ARTM pourrait réduire de 2,7 % sa contribution moyenne au RTL pour les années 2022, 2023 et 2024, ce qui représenterait un manque à gagner de 14 millions sur trois ans. On parle aussi de possibles hausses de tarifs de 4 %. S’il devait en être ainsi, le RTL estime qu’il faudrait procéder à au moins 130 mises à pied. Jeudi dernier, par voie de communiqué, le conseil d’administration du RTL a vivement dénoncé ces projections de la part de l’ARTM estimant que le temps était mal choisi pour procéder à des coupes dans les services de transport en commun, étant donné que le RTL a déjà réduit son budget 2021 de 10 %.

Selon L’ARTM, au-delà des enjeux opérationnels, qui ont représenté un défi, la fameuse année de pandémie de 2020 s’est traduite par une forte baisse des besoins de déplacement et, donc, de l’achalandage et des recettes tarifaires. Encore aujourd’hui, l’achalandage est en baisse de plus de 60 % (64 %) dans le réseau montréalais de transport collectif.

Les sources de revenus ont également subi de fortes baisses, notamment les subventions liées aux coûts de fonctionnement et les revenus tirés de la taxe sur l’essence. En 2020, les revenus tarifaires ont été de 447,7 M$, soit 46,2 % du montant prévu au budget de 968,6 M$.

Ainsi, de 111 % qu’il était en février 2020 comparativement à l’année précédente, l’achalandage a chuté de façon extrêmement significative à seulement 15 % en avril, en raison des mesures de confinement. S’il a repris progressivement au cours des mois suivants de 2020, il n’a jamais dépassé les 42 % par rapport aux statistiques de 2019. L’ARTM ne prévoit pas de retour à un achalandage normal avant 10 ans.

 

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