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Cerfs, chiens et marcassins: Quand le fleuve devient un danger pour les animaux

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Cerfs, chiens et marcassins: Quand le fleuve devient un danger pour les animaux
Blanco le husky a vécu une aventure sur le fleuve dont il risque de se souvenir longtemps. (Photo : Sauvetage Animal Rescue)

L’hiver qui bat son plein nous a réservé un gel tardif. Les glaces qui s’accumulent sur le fleuve sont rarement solidifiées à un niveau permettant une traversée sécuritaire. Une situation qui a pu créer quelques dangers pour les animaux sauvages et domestiques au cours des derniers jours.

Cet espacement des glaces est notamment devenue problématique pour les chevreuils des Îles-de-Boucherville. Par le passé, ces derniers traversaient le Saint-Laurent pour se ravitailler au plus fort de la saison. Comme on peut s’y attendre, une glaciation partielle semblable à celle que nous connaissons peut recéler d’imminents dangers. Les membres d’un groupe de cervidés partis à la dérive sur leur frêle esquif de glace au cours de la dernière fin de semaine de janvier ont pu le constater.

« C’est certain qu’il y a des années où l’on voit plus de problématiques en lien avec la stabilité des glaces, admet Eric Dussault de Sauvetage Animal Rescue. Cette année, il y a vraiment une recrudescence quant au nombre d’appels que nous recevons. Dans le cas des chevreuils, les gens nous appelaient pour nous dire qu’ils les avaient aperçus à la hauteur de Boucherville. Puis de Varennes, de Verchères… On a senti peu à peu leurs déplacements. »

Un husky à la dérive

Si l’unité n’a pas été en mesure d’arriver à temps pour assister au retour espéré à la berge des chevreuils, l’hiver leur a donné maintes occasions de mettre leur expertise à contribution.

« Les chevreuils, c’est ce qui nous inquiète le moins dans ce type de situation, ajoute Eric Dussault dont l’équipe travaille à la relocalisation des animaux du parc Michel-Chartrand à Longueuil. On nous a également signalé la présence de bébés sangliers sur le fleuve et d’un chien à Verchères. Si une de ces espèces peut nager et s’en sortir sans égratignure, c’est le chevreuil. En contrepartie, un husky qui sort de l’eau et se met à courir comme un fou, c’est différent. Oui, c’est une race qui est apte à faire face au froid. Mais trempé de la tête au pied, le pauvre chiot n’était pas équipé pour faire face à ça. »

Malgré sa panique, le jeune husky, qui venait d’être adopté, a été retrouvé après sa cavale sous un amas de palettes de bois. Il est demeuré bien caché derrière une résidence privée alors que l’équipe de sauvetage tentait de le calmer.

Vies animales, vies humaines

Malgré les bonnes intentions, Eric Dussault rappelle qu’il est important de ne pas prendre de risques inutiles. En particulier durant une saison où les dangers sont multiples, près du fleuve en particulier.

« La première chose dans une situation comme celle-ci, c’est de communiquer avec le 9-1-1, précise ce dernier. Pour l’instant, c’est certain qu’ils connaissent moins notre service, alors ils ont le réflexe de diriger les gens vers la garde côtière ou le service des incendies. Cela étant dit, dans des cas comme ceux-là, ils peuvent refuser d’intervenir si l’animal peut être agressif. Ils ne sont pas forcément assurés pour gérer ce type de situation. »

Concernant notre husky verchèrois, c’est la policière qui était sur les lieux qui a, semble-t-il, contacté l’équipe d’Animal Sauvetage Rescue.

«  On parle vies animales, mais dans certaines situations, on peut aussi indirectement sauver des vies humaines, rappelle celui qu’on peut voir sur les ondes de TVA en compagnie des membres de son escouade. On se fait régulièrement dire : « Si vous ne venez pas, c’est moi qui vais y aller! » Si le citoyen décide de se débrouiller tout seul et qu’il se met en danger, on n’est pas plus avancé. »

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