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Québec injecte 55 M$ dans le projet du Port de Montréal à Contrecœur

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Par Daniel Bastin
Québec injecte 55 M$ dans le projet du Port de Montréal à Contrecœur
La construction du nouveau terminal devrait commencer en 2022 et s’achever en 2024. L’expansion du port à Contrecœur entraînera la création de 5 000 emplois lors de la construction et de 1 000 emplois pour sa mise en service. (Photo : APM)

Après que le fédéral ait annoncé, par le biais de la Banque de l’infrastructure du Canada, qu’il s’engage à financer jusqu’à hauteur de 300 M$ le nouveau terminal à conteneurs de Contrecœur, voilà que le gouvernement du Québec accorde à son tour une aide financière de 55 M$ dans le projet de l’Administration du port de Montréal (APM) estimé entre 750 M$ et 950 M$.
« Cette contribution nous permettra de réaliser les travaux nécessaires au développement du nouveau terminal à conteneurs de Contrecœur et de participer pleinement à la relance économique », a déclaré le président-directeur général de l’APM, Martin Imbleau, lors de cette annonce le 12 janvier dernier.
« Avec la pandémie, les Québécoises et les Québécois ont pris conscience de l’importance du transport maritime pour notre ravitaillement en biens essentiels », a renchéri pour sa part le ministre des Transports, François Bonnardel. « Par ailleurs, le transport des marchandises par conteneur a connu un essor notable au cours des dernières années, et cela ira en augmentant. »
Selon la Chambre d’industrie et de commerce de la Rive-Sud, ce nouveau terminal – qui comprendra notamment deux postes à quai et une aire de manutention de conteneurs, une cour ferroviaire intermodale connectée au réseau principal, un portail d’accueil pour les camions relié au réseau routier – est « un projet d’infrastructure d’une importance capitale pour notre économie ».
5 000 emplois pour sa construction
Ce soutien financier demeure conditionnel à l’obtention des autorisations environnementales fédérales. Ce montant de Québec servira à réaliser la phase de démarrage du projet de terminal à Contrecœur et permettra, entre autres, d’entreprendre la préparation et le terrassement du site, ainsi que la construction d’une barrière visuelle et sonore. Ces travaux d’un coût total de 111 M$ pourraient commencer dès l’automne et l’Administration du port de Montréal paiera le reste de la facture.
Si tout se passe comme prévu, la construction du nouveau terminal comme tel commencera en 2022 et s’achèvera en 2024. L’expansion du port actuel à Contrecœur entraînera la création de 5 000 emplois lors de la construction et de 1 000 emplois pour sa mise en service, selon l’APM. De plus, les investissements faits lors de la phase de démarrage auront des retombées économiques importantes pour le produit intérieur brut (PIB), soit 470 M$ pendant la construction du projet et, à terme, 119 M$ annuellement lorsque l’infrastructure sera opérationnelle.
Rappelons que ce projet d’envergure est situé dans la zone industrialo-portuaire Contrecœur-Varennes et qu’il y a 16 ZIP à travers le Québec. Un comité voit à l’expansion de cette zone dans la région et sur lequel siège notamment des représentants des deux villes, la MRC, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), l’APM ainsi que différents ministères fédéraux et provinciaux. Le comité local a pour mandat de préparer un plan de développement industriel comprenant, entre autres, le repérage des marchés potentiels et des opportunités d’investissements.
Un pôle logistique régional devrait bientôt prendre forme près du futur terminal de Contrecœur. En effet, lors du lancement de la Stratégie maritime du Québec, en juin 2015, le gouvernement a désigné la Ville de Contrecœur comme l’un des deux pôles logistiques au Québec – l’autre étant situé dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges – pour l’établissement d’une plate-forme multimodale en transport des marchandises.
À ce sujet, une étude effectuée en 2014 par Lemay + DAA stratégies ainsi que E & B Data concluait que la mise en place d’un pôle logistique dans la région de l’est de l’autoroute 30 devrait permettre l’implantation de près de 375 entreprises sur une période de 20 ans qui contribueront à créer et maintenir plus de 24 000 emplois au Québec à terme, dont près de 15 000 emplois directs situés à l’intérieur du pôle logistique même.
Ce secteur devrait générer des activités économiques de l’ordre de 8 G$ pour la construction des bâtiments et la mise en place des équipements nécessaires au fonctionnement du pôle logistique régional, soit plus de 2 000 emplois en moyenne par année sur une période de 20 ans. Il contribuerait ainsi au PIB de la province pour environ 1,2 G$ en moyenne par an sur la période de 20 ans et permettrait de générer et maintenir des rentrées fiscales de près de 200 M$ en moyenne par an pour les gouvernements du Québec et du Canada.

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