Guignolée 2020

Une galerie d’art à ciel ouvert née de la pandémie

Photo de Diane Lapointe
Par Diane Lapointe
Une galerie d’art à ciel ouvert née de la pandémie
Roger Renaud, l’artiste derrière la galerie « Plein air ».

Dans un décor enchanteur, en bordure du fleuve et à l’ombre des arbres, est installée une galerie d’art. Elle raconte une belle histoire de créativité née de la pandémie. On peut maintenant y voir soixante-seize œuvres et poèmes réalisés par seize artistes et poètes de Boucherville. La crise sanitaire aura poussé leur créativité, pour le plaisir des passants, des amateurs d’art et de nature.
Cette galerie d’art à ciel ouvert se trouve sur la berge du fleuve, derrière la station de pompage Bachand, située à l’intersection du boulevard Marie-Victorin et de la rue Bachand-Nord.
« L’idée de mettre sur pied une galerie en plein air, en squattant un bord de fleuve pas trop loin de ma demeure, à Boucherville, m’est venue lorsque l’exposition de trois de mes œuvres qui devait se tenir au Café centre d’art de Boucherville dans la salle « Les Touillés » a été annulée le printemps dernier », explique l’artiste multidisciplinaire Roger Renaud.
Ainsi, dès la fin du mois d’avril, monsieur Renaud s’est permis de créer la galerie « Plein air ».
« Au début, sachant que les sculptures ou peintures pouvaient être vandalisées ou dérobées, je n’avais installé que des essais de colorations et de techniques dont j’avais l’intention de me départir. À ma surprise, le lieu, à l’écart de la piste multifonctionnelle du boulevard Marie-Victorin, attirait de plus en plus de visiteurs et des artistes. »
Des artistes, dont Marie-Hélène Roy et Ginette Gutkin, et des gens de plume, notamment Serge Ouellet, et d’autres de la Ruche d’art La page Blanche de Boucherville se sont joints à cette aventure artistique. Aujourd’hui, le visiteur, en déambulant dans le sentier, peut lire près d’une vingtaine de poèmes et de pensées. Il peut s’arrêter devant plus de trente-cinq toiles, une douzaine de sculptures conçues en terre cuite et papier/tissu et près de dix installations.
« Ce qui rend ce lieu intéressant, c’est que l’on peut discuter d’art et de culture avec les visiteurs, tout en respectant les deux mètres et en ne créant pas de rassemblement. Cela me permet de passer de bons moments en ce temps de pandémie tout en admirant et respirant ce majestueux fleuve », illustre M. Renaud.
La conservation
« Les toiles et les poèmes ont reçu trois couches de vernis à bateau, ce qui les rend, face au climat, moins sujets à la détérioration. Probablement qu’au printemps, certaines n’auront pas survécu et devront être remplacées… Il se peut aussi que la Ville, à la fin de la pandémie, malgré l’accord tacite de la conseillère municipale Isabelle Bleau, mette fin à l’aventure faute de permis… Le propre de cette aventure, c’est justement de ne pas s’illusionner sur l’avenir qu’elle aura… ‘’Un jour à la fois’’ comme le dit si bien la chanson… »
Aidé de Richard Perron et de Ginette Gutkin pour le maintien de l’esthétisme du lieu, M. Renaud espère que la galerie incite les autorités de Boucherville à mettre sur pied des sentiers d’art et de poésies invitant les citoyens à prendre part à la vie culturelle de la ville.



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