Marie-Andrée Fallu, la confidente des policiers

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Par Steve Martin de l'Initiative de journalisme local
Marie-Andrée Fallu, la confidente des policiers
(Photo : Julia Marois)

Marie-Andrée Fallu n’est pas policière, mais elle en côtoie un au quotidien, son conjoint. Dans l’espoir de lever le voile sur certains préjugés que certains peuvent entretenir face à ceux qui pratiquent cette profession exigeante et parfois risquée, la Varennoise a rencontré 30 agents qui se sont confiés à elle sur un moment charnière qui a marqué leur parcours.

« Dans plusieurs cas, ce qu’ils me racontent, ce sont des interventions durant lesquelles ils ont dû prendre une décision très rapide, explique l’autrice questionnée à propos du lien unissant la trentaine de récits qui s’enchaînent dans son ouvrage. Une décision qui a changé le cours des choses. D’autres ont plutôt évoqué des histoires durant lesquelles ils ont été atteints dans leurs valeurs. Ou encore, des moments où ils ont été bouleversés par une tragédie et ils en sont venus à se demander comment un individu pouvait en venir à poser un geste horrible. »

La justice malgré tout

Au fil des 30 rencontres, l’autrice, qui a également publié Moi, soldat il y a deux ans, a pu être en mesure de trouver certains points communs entre ces femmes et ces hommes qui ont entrepris une carrière au cours de laquelle ils furent parfois exposés à de grands drames humains.

« Même après des années de service, même s’ils ont acquis beaucoup de confiance et d’expérience, ils se demandent encore aujourd’hui de quoi leur journée sera faite, ajoute Marie-Andrée Fallu. Quand ils quittent la maison le matin, ils ne savent pas de quelle atrocité ils peuvent être les témoins. Ce qui m’a touchée sinon, ç’a été de constater qu’ils ont vraiment cette volonté de sauver le monde. Ils pourraient être découragés, se demander « À quoi bon trouver les coupables? », parce que ces derniers reçoivent souvent des sentences bonbon, mais non. Ils font quand même leur travail et ils ont à cœur que justice soit rendue. Ils veulent aider les victimes, ceux qui vivent des choses absolument terribles. »

Bon cop, bad cop

Bien entendu, comme dans toutes professions, il y a aussi ceux qui le pratiquent pour les mauvaises raisons. Ceux qui profitent de leur position de pouvoir plutôt que de mettre cette autorité au service des citoyens. Mais selon Marie-Andrée Fallu, ces derniers représentent l’exception et non la règle.

« On voit dans les médias des choses qui nous fâchent parce qu’elles sont absolument injustes. Je pense à la vidéo de George Floyd par exemple. Quand elle a commencé à circuler dans les médias, les policiers que je connais, comme moi, se sont demandé :  » Mais qu’est-ce qu’il fait ce policier-là? Ça n’a pas de bon sang. C’est atroce!  » Par la suite, on s’est mis à entendre que tous les policiers sont racistes et font de la brutalité. Ça n’est pas vrai. Les trente personnes que j’ai rencontrées pour mon livre, ce sont des policiers qui travaillent avec loyauté, pour la justice et avec le cœur à la bonne place. Ils ne tolèrent pas la discrimination. Pour eux, un bon citoyen ou un bandit, ça n’a pas de couleur. En écrivant ce livre, j’ai voulu leur donner une maudite bonne tape dans le dos. Être policier au Québec, c’est difficile présentement avec l’été qu’on vient de traverser, la pandémie, les mouvements sociaux… C’est important que nos policiers traversent la tempête et qu’ils gardent le focus malgré tout. »

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