Quand le paysage est plus qu’un simple décor

Steve Martin de l’Initiative de journalisme local
Quand le paysage est plus qu’un simple décor
Les rives du fleuve Saint-Laurent ont pris leur forme actuelle il y a environ 8 000 ans, après le retrait de la Mer de Champlain. Un événement qui a eu, au fil des derniers siècles, un impact sur la façon dont les municipalités se sont développées dans la MRC.

Dans la dernière édition, nous avons abordé le mandat de caractérisation des paysages confié par la MRC de Marguerite-D’Youville à la coopérative Les Mille Lieux en ce qui a trait en particulier à l’environnement et aux décors naturels de notre région. En compagnie du chargé de projet Louis-Philippe Rousselle-Brosseau, nous examinons cette semaine ce qui, dans les faits, détermine ce qui constitue un paysage.

« En gros, ce qu’on entend par « paysage », c’est tout ce qui concerne la façon dont l’humain habite le territoire, explique l’architecte paysagiste. C’est le reflet de sa manière de vivre durant une période donnée. Ainsi, les paysages agricoles, les paysages suburbains ont des dynamiques qui leur sont propres. Nous, notre mandat, c’est de nous demander ce qui fait que les paysages de la MRC sont devenus ce qu’ils sont aujourd’hui et vers quoi ils pourraient évoluer. »

En regardant parfois des dizaines de milliers d’années en arrière, il est donc, aux dires du chargé de projet, possible d’identifier les mesures qui devraient être prises afin d’assurer un développement harmonieux.

« Nous sommes sous l’égide du plan métropolitain et il y a des secteurs qui vont se densifier au cours des prochaines années. Alors il faut se demander, par exemple, comment on peut procéder pour que ça se fasse de façon harmonieuse dans les quartiers qui existent déjà, et ce, sans aller à l’encontre des paysages qui ont été créés. Votre MRC est un endroit où le cadre de vie est de bonne qualité en général, alors personne ne veut se retrouver avec des tours à condo au milieu de maisons résidentielles. On veut éviter aussi le déboisement. C’est assez complet comme mandat. »

Du sable et des pins

Un des défis que pose un territoire comme celui de la MRC de Marguerite-D’Youville est que, d’une municipalité à une autre, les paysages n’ont rien d’homogène et varient en fonction de la personnalité propre de chaque secteur.

« C’est un territoire où il y a en effet beaucoup de variété. En allant vers Contrecœur, il y a énormément d’anciens boisés de pinèdes. Ce n’est pas anodin qu’ils aient subsisté jusqu’à aujourd’hui. C’est qu’à une époque, une grande rivière est apparue après le retrait de la Mer de Champlain et ça a laissé d’énormes dépôts de sable. Les pins ont poussé sur ces dépôts et c’est ce qui a créé ces paysages propres au secteur. »

Selon M. Rousselle-Brosseau, ces événements qui ont bouleversé nos paysages expliquent par ailleurs comment des territoires comme ceux de Saint-Amable et Sainte-Julie se sont développés.

« Le sol très sableux est demeuré relativement pauvre et c’est ce qui fait que les terres n’ont pas été protégées pour l’agriculture. C’est ce qui a permis à la banlieue de prendre de l’expansion contrairement à un territoire comme celui de Calixa-Lavallée par exemple. »

Des lieux à mettre en valeur

C’est donc en décembre prochain que les villes membres de la MRC de Marguerite-D’Youville devraient avoir les résultats de ce travail qui pourraient nourrir leurs réflexions et leur permettre de prendre certaines décisions au cours des prochaines années.

Cet outil devrait arriver à point alors que le développement de certains grands projets et la densification prévue de la population risquent d’altérer de façon notable nos paysages urbains et ruraux.

« Notre objectif, c’est de produire des recommandations et de proposer des pistes d’action sur des points qui demandent impérativement une action, explique Louis-Philippe Rousselle-Brosseau. Des suggestions également pour mettre en valeur le potentiel de certains lieux. Une fois les paysages répertoriés, la MRC pourra se doter d’une stratégie qui va permettre d’améliorer le cadre de vie des gens et de s’inscrire dans le XXIe siècle. »

 

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