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La flécheuse Hélène Blouin intronisée Maître de traditions vivantes

Photo de Diane Lapointe
Par Diane Lapointe
La flécheuse Hélène Blouin intronisée Maître de traditions vivantes
Hélène Blouin agira comme ambassadrice de la culture traditionnelle auprès de différents publics. Elle réalise de main de maître des ceintures fléchées et perpétue cet art créé par nos ancêtres.

Le talent exceptionnel de l’artisane de ceinture fléchée Hélène Blouin a été reconnu à quelques reprises, et tout dernièrement, soit le 30 mai dernier, alors qu’elle a été désignée Maître de traditions vivantes.
La flécheuse de Boucherville s’illustre dans la catégorie technique traditionnelle de la ceinture fléchée du nouveau programme national des Maîtres de traditions vivantes mis sur pied par le Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV), et soutenu par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Quatre autres artistes dans des disciplines différentes ont également été récompensés.
S’investir dans la sauvegarde de cet art
Reconnue comme grande ambassadrice de la culture traditionnelle du Québec, Hélène Blouin fait revivre l’art et la technique de fabrication des ceintures fléchées depuis 2007.
Elle a fait son apprentissage auprès de Marie-Berthe Guibault Lanoix, flécheuse de renom.
Depuis, la pratique du fléché ainsi que l’expérimentation des teintures naturelles occupent la plupart de ses moments de loisir.
L’importance qu’elle accorde à la préservation de cette technique l’a amenée à participer à de nombreuses démonstrations publiques. L’année 2014 a marqué un tournant dans son parcours, alors qu’elle remporte le concours La Trade, lancé par l’Association des artisans de ceinture fléchée de Lanaudière afin de mettre à la disposition du grand public une ceinture fléchée à facture ancienne.
En 2017, elle conçoit une nouvelle ceinture fléchée que l’on retrouve aujourd’hui exposée au Musée des maîtres et artisans du Québec situé dans l’arrondissement Saint-Laurent, à Montréal.
Une technique exclusive encore vivante
La pratique de cet art exige dextérité et grande patience. Il faut compter quelque 300 heures de tissage fait aux doigts pour concevoir une ceinture fléchée qui, généralement, fait deux fois le tour de taille, donc en moyenne dix pieds de long. Les motifs qui sont si particuliers sont impossibles à reproduire mécaniquement, explique Mme Blouin, car le même fil change de rôle à travers le tissage.
Une ceinture peut compter entre 200 et 400 fils que l’artisane teint elle-même avec des végétaux pour s’assurer d’obtenir les couleurs traditionnelles.
« L’objet est fascinant en soi, dit-elle. On trouvait ça beau en 1800, en 1900 et on trouve ça beau encore en 2020! » Soulignons que le fléché a été désigné en 2016 élément du patrimoine immatériel du Québec.
Très zen
Mme Blouin a la piqûre pour cet art ancestral pour plusieurs raisons. « C’est une activité très zen et donc un antistress. Le produit fini est magnifique et ça fait finalement de belles traîneries chez nous, dit-elle en riant. C’est une activité qui est gratifiante tout comme son enseignement qui représente un autre défi intéressant. »
Depuis 2016, elle enseigne son savoir-faire unique à l’école Métiers et Traditions de Longueuil.

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