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Groupes de partage pour hommes: La goutte qui fait déborder le vase?

par Steve Martin de l'Initiative de journalisme local
Groupes de partage pour hommes: La goutte qui fait déborder le vase?
Le nombre d’appel a légèrement augmenté, explique M. Xuan Luu Mai, président du regroupement. « Mais il faut tenir compte du fait que les hommes ont tendance à attendre d’être au fond du baril avant de nous appeler. » (Photo : Shutterstock)

Lorsque le temps est venu de demander de l’aide, les hommes sont en général plus réticents à évoquer leurs problèmes. Une réalité malheureusement confirmée par de nombreux organismes. C’est pourquoi les groupes de partage pour hommes, comme celui qu’on retrouve à Varennes, ont un rôle particulier à jouer et celui-ci s’est complexifié avec l’arrivée de la pandémie.

Depuis le début de la crise du COVID-19, l’organisation de groupes de partage et de soutien est devenue impossible, du moins, physiquement. Comme d’autres associations, les intervenants du Groupe de partage pour hommes de la Montérégie doivent, depuis quelques semaines, utiliser les technologies modernes afin d’offrir une tribune à leurs membres et s’enquérir de leur état.

« Le nombre d’appel a légèrement augmenté, explique le président M. Xuan Luu Mai, président. Mais cela étant dit, il faut tenir compte du fait que les hommes ont tendance à attendre d’être au fond du baril avant de nous appeler. Certains vivaient déjà des situations problématiques avant la pandémie, alors il est possible que, pour quelques-uns, le confinement soit la goutte qui fasse déborder le vase. »

La perte de contact

Il faut donc anticiper que, même si la hausse des demandes ne semble pas significative, certains hommes éprouvent de la difficulté à vivre avec les limites imposées par les règles de distanciation sociale. Et malgré les rencontres virtuelles qui sont bénéfiques, la véritable présence humaine, celle qu’on retrouve lors des rencontres du regroupement, demeure difficile à remplacer.

« Nous sommes conscients que, pour plusieurs hommes, c’est dur d’être non seulement confiné, mais aussi d’avoir peu de contacts avec les autres. Certains ont perdu leur travail et ils se retrouvent à passer tout leur temps avec les mêmes personnes. Ça devient difficile pour eux. »

Celui qui anime notamment des ateliers sur l’intelligence émotionnelle croit d’ailleurs que, privés de contacts extérieurs, certains hommes plus à risque pourraient faire subir leurs sautes d’humeur à leurs proches plutôt que de demander de l’aide.

« Un des problèmes que nous vivons actuellement, poursuit Xuan Luu Mai, c’est que beaucoup de professionnels, psychologues et travailleurs sociaux, ne sont pas actifs présentement. La plupart du temps, ce sont eux qui nous réfèrent. Les hommes vont être moins portés à nous contacter d’eux-mêmes. »

Pas de baguette magique

Si Xuan Luu Mai admet que les hommes espèrent dans la majorité des cas avoir des solutions rapides afin de mettre leurs angoisses derrière eux, la seule solution efficace demeure de s’engager dans un processus et d’y mettre le temps nécessaire.

« Si nous avions la recette, je dois dire que nous serions multimillionnaires, s’exclame ce dernier. Ce qu’il faut comprendre, c’est que, quand on veut changer une situation, il faut d’abord entreprendre une véritable démarche. C’est souvent ça qui les décourage un peu. Et si quelqu’un nous appelle dans une situation de crise, nous allons l’inviter à se calmer et le diriger vers les services d’urgence. Nous, notre approche c’est d’encourager les gens à faire leurs propres découvertes, à réaliser ce qui se passe et à l’exprimer à haute voix. L’important, c’est qu’ils viennent quand ils se sentent prêts. »

Pour plus d’informations sur les activités du groupe durant la pandémie, consultez le site : www.gphm.ca

 

 

 

 

 

 

 

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