Répondre par des mesures concrètes à la vague de dénonciations de violences à caractère sexuel

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Par Daniel Bastin
Répondre par des mesures concrètes à la vague de dénonciations de violences à caractère sexuel
« Devant l'ampleur du mouvement #MoiAussi, le message doit être clair de la part des parlementaires : nous vous entendons. Et surtout, nous agirons! », a déclaré la Julievilloise Catherine Fournier, députée de Marie-Victorin. (Photo : Courtoise)

L’affaire du producteur déchu d’Hollywood, Harvey Weinstein, a eu des répercussions énormes un peu partout à travers la planète et même au Québec avec les accusations portées contre les producteurs Éric Salvail et Gilbert Rozon, entre autres. Les dénonciations se poursuivent depuis des semaines et celles-ci pourraient créer d’autres secousses sous peu.
Dans la région, la député péquiste de Marie-Victorin, Catherine Fournier, originaire de Sainte-Julie, a voulu que le gouvernement pose des gestes concrets afin d’aller plus loin, d’aider les victimes et de sensibiliser encore plus la population pour que le silence ne protège plus ces prédateurs.
« Devant l’ampleur du mouvement #MoiAussi, le message doit être clair de la part des parlementaires : nous vous entendons. Et surtout, nous agirons! », a fait savoir la Julievilloise il y a quelques jours. « Heureusement, les mentalités changent déjà grâce aux campagnes de sensibilisation et au travail des organismes soutenant les victimes. Il reste cependant beaucoup de travail à faire pour passer de la  » culture du viol  » à une véritable culture du RESPECT. »
« La pédagogie de la notion de consentement doit commencer dès le plus jeune âge. Nous avons une responsabilité collective à cet effet et le rôle de l’école y est également pour beaucoup. De plus, il est essentiel que l’on réinvestisse rapidement dans la mission des organismes qui travaillent en première ligne avec les victimes comme les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), le Centre de ressources et d’intervention pour hommes abusés (CRIPHASE) et tous les autres. Le gouvernement doit passer de la parole aux actes et ce, dès maintenant. N’attendons plus! »
Motion à l’Assemblée nationale
Le 24 octobre dernier, Catherine Fournier a présenté une motion à l’Assemblée nationale, conjointement avec ses collègues des autres groupes d’opposition. « Que l’Assemblée demande au gouvernement de répondre par des mesures concrètes à la vague de dénonciations de violences à caractère sexuel sans précédent qui déferle sur l’ensemble du Québec et ailleurs; Qu’elle rappelle que la sensibilisation et l’éducation au consentement sexuel commence dès le jeune âge par la promotion d’une culture de respect. »
« Qu’elle reconnaisse le sous-financement généralisé des organismes comme les CALACS, CAVAC (Centres d’aide aux victimes d’actes criminels) et nombreux autres jouant un rôle essentiel dans l’accueil, le soutien et l’accompagnement des victimes de harcèlement ou d’agression sexuelles et qu’elle demande au gouvernement de procéder à une hausse significative de leur financement à la mission; Qu’elle demande au gouvernement de rendre obligatoire le cours d’éducation sexuelle, donné par des professionnels formés, en octroyant les ressources nécessaires pour le faire, et ce, dès la prochaine année scolaire dans l’ensemble des écoles primaires et secondaires du Québec. »
Toutefois, cette motion n’a pas reçu le consentement du gouvernement libéral, ce qui a déçu Mme Fournier. « Pendant que des victimes dénoncent et que les oppositions proposent unanimement au gouvernement des mesures concrètes pour lutter contre les violences à caractère sexuel, tant en amont avec le cours d’éducation à la sexualité qu’en aval avec la bonification du financement à la mission des organismes de soutien aux victimes, les libéraux refusent d’agir! C’est vraiment déplorable! »
La ministre de la Condition féminine, Hélène David, a annoncé que Québec accordait un million de dollars de plus aux organismes d’aide aux victimes de violence à caractère sexuel, sans toutefois permettre aux écoles de jouer un plus grand rôle en matière d’éducation sexuelle, comme le demandait Mme Fournier.

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