Le Québec connaîtra une croissance modérée en 2014

Le Québec connaîtra une croissance modérée en 2014

Conférence « Les perspectives économiques 2013-2014 »

« Le pire semble être derrière nous! », a déclaré François Dupuis, vice-président et économiste en chef au Mouvement Desjardins, au début de sa conférence intitulée « Les perspectives économiques 2013-2014 » présentée devant une centaine de personnes à l’hôtel Mortagne de Boucherville, le 9 avril dernier.

Grâce à son économie diversifiée, le Québec a été la province canadienne qui a subi le moins d’impacts négatifs à cause de la plus récente crise économique. Son produit intérieur brut (PIB) au cours des dernières années indique qu’elle a même mieux fait en proportion que le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, la zone Euro et l’Ontario. Toutefois, la province a connu une croissance économique plutôt faible en 2012 (+ 0,9 % du PIB) et il faut s’attendre à une année 2013 relativement tranquille (+ 1,0 %), suivie d’une croissance modérée en 2014 (+ 2,0 %).

Il faudra être un peu patient, semble être le mot d’ordre lancé par l’économiste en chef puisque le processus de désendettement des ménages et des gouvernements est bien enclenché dans l’ensemble des pays industrialisés. De plus, les ajustements en cours en Europe continueront de ralentir la croissance économique mondiale puisque le continent compte pour environ 20 % de l’économie planétaire.

Canada moins touché, mais…

Pour sa part, le Canada a été lui aussi moins touché par la crise qui a notamment secoué les États-Unis, mais tout comme le Québec, son économie est présentement au ralenti. Cette situation est un peu à l’image de la trentaine de pays industrialisés dans le monde puisque la croissance de leur produit intérieur brut était modeste en 2012 (+1,2 %). Elle devrait être encore plus faible en 2013 (+0,9 %), mais il y aura une embellie en 2014 (+1,9 %).

Cette situation est loin d’être le cas pour les pays émergents (Inde, Chine, Brésil, Russie, etc.) puisque la croissance du PIB en 2012, 2013 et 2014 est de + 4,5 %, + 4,9 % et + 5,4 % respectivement, ce qui est par contre moindre que durant les bonnes années.

De retour en Amérique, la croissance du PIB au Canada était de + 1,8 % en 2012, elle devrait être en légère baisse en 2013 avec +1,5 %, mais on croit qu’elle sera de + 2,5 % en 2014. C’est un peu mieux aux États-Unis où la croissance était de + 2,2 % en 2012, alors qu’on prévoit qu’elle sera de + 2,0 % en 2013 et + 2,8 % en 2014.

Bien que la reprise ne soit pas encore vigoureuse chez nos voisins du Sud, M. Dupuis a mentionné que certains économistes croient que les États-Unis seront une des locomotives de l’économie mondiale au cours des prochaines années, notamment parce que le marché immobilier reprend du poil de la bête et que les entreprises ont beaucoup de liquidités. Selon le conférencier, les données indiquent une sortie de crise pour les Américains et une spirale positive semble se profiler.

Au Canada, un ralentissement du marché immobilier se concrétise en raison du resserrement des critères pour le financement des prêts hypothécaires par le ministre des Finances à Ottawa, Jim Flaherty, des mesures qui affectent particulièrement les premiers acheteurs. De plus, les dépenses du gouvernement fédéral sont freinées par la lutte au déficit. Par contre, les espoirs sont tournés vers le commerce extérieur puisque les exportations canadiennes sont en hausse constante depuis 2009.

Perspectives positives pour la Montérégie

Dans la région immédiate, les perspectives sont intéressantes. Les plus récentes études régionales du Mouvement Desjardins ont été publiées en mars et les conclusions de celles-ci indiquent que la croissance économique de la Montérégie devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2014. Au cours de cette période, l’économie de la Montérégie sera favorisée par un accroissement démographique vigoureux, un marché du travail dynamique et la poursuite d’investissements d’envergure.

La cadence du PIB nominal de la région devrait reprendre graduellement du tonus cette année et l’an prochain, de sorte qu’une progression de 3,3 % est attendue en 2013 et de 4,1 % en 2014.

En conclusion, le conférencier prédit qu’il y aura à l’échelle mondiale une lente progression de l’économie en 2013, avec une reprise en 2014. De leur côté, les États-Unis présentent encore beaucoup d’incertitudes, mais le pays devrait prendre progressivement du mieux à partir de cet été. Quant au Canada et au Québec, il devrait y avoir une croissance modeste en vue en 2013, suivie d’une embellie en 2014.