Les mots-croisés de La Relève

Le réseau d’assainissement des eaux de la Rive-Sud est le plus polluant au Québec!

Photo de François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Par François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Le réseau d’assainissement des eaux de la Rive-Sud est le plus polluant au Québec!

Selon une récente étude et un palmarès de la Fondation Rivière, le réseau d’assainissement des eaux usées de la Rive-Sud présente le pire bilan en matière de déversements de tout le Québec même si les villes de la Rive-Sud ont un réseau complet de captation et de traitement des eaux usées. Ce réseau inclut les villes de Boucherville, Longueuil, Saint-Lambert et Brossard. L’ensemble du réseau compte 91 ouvrages, dont l’usine de traitement des eaux située sur l’île Charron, aux portes du parc des Îles-de-Boucherville.

En 2019, la Fondation a recensé 1191 déversements, mais c’est surtout au chapitre de l’intensité que le réseau de la Rive-Sud arrive au premier rang des pollueurs avec une moyenne d’intensité de 19,888,032. Ces déversements surviennent soit lorsque des ouvrages doivent être réparés ou encore lors de fortes précipitations, lorsque le réseau de captation ne peut suffire à la forte demande. Il y a alors déversement direct dans les cours d’eau, dans le fleuve, dans le cas de la Rive-Sud.

Le réseau de la Rive-Sud obtient un indice d’intensité des déversements près de quatre fois plus grand que Laval (5,7 millions) et même de Montréal (4,9 millions), la seconde municipalité de cette liste peu prestigieuse.

L’indice d’intensité est un calcul développé par la Fondation Rivières qui prend en compte la taille de l’ouvrage ayant débordé, la fréquence des déversements et leur durée.

Les déversements surviennent la plupart du temps à la suite de grosses pluies et visent à éviter que les stations d’épuration ne débordent.
Chaque fois, des matières fécales, mais aussi des feuilles de papier, des tampons, des lingettes et toutes sortes de solides qui ne se décomposent pas sont directement déversés dans les plans d’eau à proximité. La première heure de précipitations aurait le pire impact alors que le flot d’eau apporte tout ce qui est stagnant dans les tuyaux.
La Fondation Rivières a recensé 60 660 déversements au Québec en 2019. Son bilan s’appuie sur 8,5 millions de données tirées du Portail des connaissances sur l’eau, un projet du ministère de l’Environnement.

« La situation est sérieuse et des gestes doivent être posés afin d’y remédier », a indiqué la mairesse de Longueuil et présidente de l’agglomération, Sylvie Parent, après avoir pris connaissance du rapport. Il n’est tout simplement « pas acceptable » que « l’agglomération » affiche un tel bilan, a-t-elle mentionné tout en précisant que l’agglomération s’était récemment dotée d’une nouvelle politique de l’eau et que le programme triennal d’immobilisations de l’agglomération prévoit plusieurs dizaines de millions de dollars en amélioration dudit réseau.



Partager cet article