Le rêve humaniste d’un homme reconnaissant

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Par Steve Martin de l'Initiative de journalisme local
Le rêve humaniste d’un homme reconnaissant
Michel en compagnie de sa conjointe et complice, Martine (Photo : courtoisie)

Homme d’affaires qui a contribué à la prospérité de la région varennoise, Michel Clavet semble incapable de ne pas sourire. Pourtant, son chemin de croix a été long et ardu.

Diagnostiqué d’un lymphome à cellules du manteau en 2011, Michel, originaire de Thetford Mines, a passé une grande partie des cinq années suivantes de son existence en transit entre chaise de transfusion, lit d’hôpital et civière. Des innombrables mois à subir des traitements de chimiothérapie qui ont contribué à le maintenir en vie, contre toute attente.

Puis, il y aura bientôt cinq ans, après une récidive, Michel reçoit une greffe moelle osseuse. Le tout, gracieuseté d’un donneur en Allemagne qu’il ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam. « J’ai reçu ma seconde greffe le 22 janvier 2016, se souvient Michel. Ç’a nécessité 100 jours d’hospitalisation. J’étais presque rendu à mourir. J’avais des infections aux poumons et une embolie. Mes reins ne fonctionnaient plus. Ç’a pris deux années avant de savoir que je m’en sortirais. Je n’avais plus de système immunitaire. Et puis, en 2018, j’ai reçu le scan qui m’a confirmé que je n’avais plus de trace de la maladie. C’est à ce moment que j’ai compris que j’irais vers l’avant cette fois plutôt que de reculer une autre fois. »

Une promesse

Depuis, Michel a traversé cinq pneumonies, la plus récente en février dernier. Mais plutôt que d’utiliser cette seconde chance pour simplement profiter de ces petits moments que la vie a à offrir, notre homme a pris un engagement envers Martin Mattuschka, cet inconnu qui habite un autre continent et qui avait 32 ans lorsqu’il a fait le don de ces cellules souches qui ont permis de le sauver.

« Dans une lettre que je lui ai adressée, je lui ai écrit que j’allais tout faire en mon pouvoir pour être la meilleure personne possible, nous raconte celui qui a été le porte-parole de collectes de sang de Héma-Québec dans sa région. Et ce, pour le reste de mes jours. J’ai pensé qu’il aimerait savoir que la chance qu’il m’a offerte m’a permis de donner à mon tour, qu’il a généré de bonnes actions à travers la sienne et que ç’a fait des petits. »

Afin de donner corps à sa promesse, Michel Clavet a fait l’acquisition d’une salle à Sainte-Julie. Un endroit qui, s’il obtient toutes les autorisations nécessaires, permettrait à des organismes et des particuliers d’organiser des soirées-bénéfices afin d’amasser des sous pour différentes bonnes causes.

Pas de soucis de faire du profit donc. Michel s’est retiré de l’entreprise à laquelle il s’est joint en 1994 et il a aujourd’hui ce qu’il faut pour vivre. Son objectif est plutôt d’aider la communauté de la seule façon dont il sait faire les choses : avec énormément de cœur et (encore une fois) ce sourire qui est depuis toujours sa marque de commerce.

Au carrefour de quatre cités

Au moment d’écrire ces lignes, Michel Clavet poursuit ses démarches dans le but d’obtenir l’aval de la Ville et de son département d’urbanisme. Il a récemment mandaté quelqu’un afin de préparer les plans nécessaires pour passer à une prochaine étape. En attendant la suite, il continue de besogner et de faire les travaux lui-même grâce à cette énergie (en partie) retrouvée.

Fait intéressant, l’immeuble du 1543 Montée Sainte-Julie, près de l’autoroute 30, est à proximité de quatre villes de la région, soit Boucherville, Varennes, Saint-Amable et, bien entendu, Sainte-Julie.

Et d’ici le jour où, l’espère-t-il, il pourra dire : « Mission accomplie », il poursuit la recherche de commanditaires et multiplie les contacts avec ses amis de la scène musicale et ceux qui, comme lui, ont choisi de donner leur temps pour des causes auxquelles ils croient.

« Je suis en contact avec Dan Bigras par exemple. Si Dan décide de venir donner un spectacle, ça va coûter zéro sou aux gens pour venir le voir. Mais pour entrer, ils vont devoir avoir la preuve qu’ils ont fait un don au Refuge. C’est ça qui va être leur billet d’entrée. C’est vraiment dans un but humanitaire. Je suis un survivant et j’ai besoin de redonner. Présentement, j’ai des discussions avec la Ville et la coopération est là. Si ça fonctionne, je pense qu’on va générer pas mal de retour pour les gens qui veulent faire du communautaire. »

Un bracelet, une note

Pour ce qui est de son bienfaiteur, alors qu’il tente toujours de le retrouver par le biais d’une cousine qui habite en Allemagne, Michel lui a adressé un message sur une affiche qui pourrait, si tout va bien, accueillir les visiteurs à leur arrivée à cette salle de spectacle et de réception.

Une affiche reprenant (avec permission) l’illustration du livre Portraits d’espoir de l’avocat, philanthrope et lui-même greffé, William Brock. Sur cette image, une main déployée en signe de paix et de victoire à la fois. Une main portant à son poignet une note gravée sur un bracelet : «  Donneur: Martin Mattuschka. Receveur: Michel Clavet. Pour toujours Frères de sang. »

Le tout inscrit en français… et en allemand.

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