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Des vélos-pupitres dans toutes les classes de l’école l’Envolée

Photo de Diane Lapointe
Par Diane Lapointe
Des vélos-pupitres dans toutes les classes de l’école l’Envolée
Le vélo-pupitre est attrayant pour les enfants qui ont un grand besoin de bouger. C’est un moyen d’améliorer leur attention à la tâche et de diminuer leur anxiété.

Pour aider les élèves à se concentrer
Pour aider certains écoliers à se concentrer et à améliorer leur réussite, toutes les classes de l’école l’Envolée, à Saint-Amable, sont maintenant dotées d’un vélo-pupitre. C’est le seul établissement au Québec à avoir mis à la disposition de chacun des groupes cet outil pédagogique dont l’efficacité a été démontrée par des études. Les enfants ayant un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité peuvent maintenant pédaler en écoutant leur enseignant et en travaillant.
C’est le directeur de l’école Michel Langis qui a eu cette idée. L’an dernier, il a commandé deux vélos-pupitres, alors que cette année, il voulait en acquérir pour les dix-sept classes, de la maternelle à la sixième année. Le personnel enseignant s’est montré favorable au projet ainsi que le conseil d’établissement composé de parents qui a donné le feu vert. M. Langis souhaitait, avant de prendre sa retraite, réaliser une action qui, concrètement, aiderait certains élèves.
La distribution des vélos-pupitres a eu lieu il y a quatre semaines. « Nous avons expliqué aux enfants que c’était un outil pédagogique, et que c’est l’enseignant qui décidait qui pouvait l’utiliser. Depuis, il y a toujours un élève sur les vélos-pupitres et ça roule durant toute la journée. Il y a des enfants qui en ont plus spécifiquement besoin, soit une majorité de garçons, mais il n’y a pas de discrimination », explique M. Langis.
Les vélos-pupitres sont utilisés en alternance. Ils permettent aux écoliers de rester attentifs, de faire leurs tâches tout en bougeant, et contribuent à améliorer les résultats scolaires. « Des professeurs m’ont même dit que s’ils le pouvaient, ils en voudraient deux ou trois dans leur classe! », relate M. Langis.
C’est avec l’argent récolté lors de deux campagnes de financement que l’école a pu acquérir les 17 vélos-pupitres au coût de 32 000 $. Elle est la seule de la Commission scolaire des Patriotes à en avoir.
Bouger pour réussir
Les vélos-pupitres sont silencieux et ajustables, et disponibles en deux formats, grands et petits. Ils sont destinés à tous les élèves, mais particulièrement à ceux qui ont besoin de bouger. Au Québec, de 5 % à 8 % des enfants présentent un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), dont trois fois plus souvent chez les garçons.
Les gens ayant un TDA/H bougent pour se stimuler et aussi pour demeurer concentrés. « Plusieurs sont comme un ordinateur, si la souris arrête de bouger, l’ordinateur tombera en veille », explique le concepteur des vélos-pupitres, Mario Leroux, orthopédagogue depuis plus de 30 ans. Sur le site de son entreprise « Bouger pour réussir », il mentionne que « le neuropsychologue Benoît Hammarrenger a affirmé qu’il fallait travailler avec le besoin de bouger, et non contre celui-ci. Pour l’enfant atteint du TDAH, bouger est un besoin. Il cherche à attraper tout ce qui est à portée de main pour le manipuler, il gigote sur sa chaise, se tourne et se retourne, sautille sur place, cherche à se lever, etc. Lorsque l’on s’arrête à comprendre le fonctionnement du cerveau, on arrive à une découverte fascinante : neurologiquement, bouger stimule l’attention! »
L’entreprise de M. Leroux fondée il y a trois ans et qui commercialise les vélos-pupitres connaît un grand succès. Il en a vendu à près de 400 écoles au Québec qui, habituellement, en achète d’un à trois. Et, il vient par ailleurs tout juste d’obtenir une commande de 60 vélos-pupitres pour équiper les bibliothèques de Montréal.

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