Une aide du gouvernement fédéral de près de 50 M$ à ArcelorMittal

Une aide du gouvernement fédéral de près de 50 M$ à ArcelorMittal

Le 19 octobre dernier, le ministre fédéral de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a annoncé l'octroi d'un financement pouvant atteindre 49,9 millions de dollars au producteur d’acier ArcelorMittal Canada. Il a souligné à cette occasion que cet investissement permettra de soutenir jusqu'à 4 700 emplois à Hamilton, en Ontario, et 1 700 emplois à Contrecœur.

Le 19 octobre dernier, le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a annoncé l’octroi d’un financement pouvant atteindre 49,9 millions de dollars au producteur d’acier ArcelorMittal Canada. Il a souligné à cette occasion que cet investissement permettra de soutenir jusqu’à 4 700 emplois à Hamilton, en Ontario, et 1 700 emplois à Contrecœur.
Le ministre a ajouté que la multinationale entreprend un projet de 205 millions de dollars pour moderniser ses installations afin d’augmenter sa productivité et sa compétitivité. Le projet aidera également ArcelorMittal à améliorer l’efficacité et la durabilité de son fonctionnement et à rehausser sa capacité à mettre au point de nouveaux types d’aciers à haute résistance qui répondront à la demande des secteurs canadiens de l’énergie, de l’automobile et de la construction. L’entreprise compte aussi réduire sa consommation de carburant et éliminer jusqu’à 100 000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre par année.
M. Bains a précisé que cet investissement est fait par l’entremise du Fonds stratégique pour l’innovation, un programme conçu pour attirer et soutenir les investissements commerciaux dans tous les secteurs de l’économie. Ce programme cible les activités de recherche-développement qui accélèrent le transfert de technologies et la commercialisation de produits, de processus et de services novateurs. Il facilite en outre la croissance et l’expansion des entreprises innovatrices au Canada.
« Malgré des tarifs injustes et inéquitables, nous sommes déterminés à protéger nos travailleurs et à appuyer les produits innovateurs de calibre mondial qu’ils fabriquent. Nous passons à l’action. Notre investissement dans ArcelorMittal contribuera à l’amélioration de la compétitivité du secteur canadien de l’acier pour de nombreuses années à venir, à la croissance économique, à la capacité du secteur d’innover, à la valeur ajoutée, à la diversification des produits et des marchés, et au maintien et à la création d’emplois pour les Canadiens », a déclaré le ministre à cet effet.
Position de faiblesse
Pour sa part, le député de Pierre-Boucher−Les Patriotes−Verchères, Xavier Barsalou Duval, a accueilli favorablement la subvention du gouvernement fédéral à ArcelorMittal et tient à réitérer son plein soutien à ce secteur économique d’importance dans la circonscription. Toutefois, le député a déploré l’instabilité à moyen et long terme qui perdure.
« Le gouvernement Trudeau avait l’occasion avec les renégociations de l’ALÉNA de s’assurer de faire lever les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump sur l’acier et l’aluminium. Malheureusement, le gouvernement est allé négocier en culottes courtes et a fait des sacrifices monumentaux sur le dos du Québec, notamment en matière de gestion de l’offre, sans réussir à obtenir le moindre gain concernant la levée des tarifs », a-t-il martelé.
Le député a ajouté que de mauvaises nouvelles semblent transparaître des négociations entre le gouvernement du Canada et le gouvernement américain sur les tarifs douaniers dans le secteur de l’acier. Il a précisé à ce sujet que le Globe and Mail a révélé que les négociations portent actuellement sur l’imposition de quotas à l’importation d’acier. « Non seulement l’administration Trump réclame-t-elle des quotas qui diminueraient nos exportations d’acier vers les États-Unis, mais encore, le Canada veut des quotas équivalents à la production courante? »
« Le Canada, en ne demandant que des quotas équivalents à la production actuelle, se met en position de faiblesse face aux Américains qui, eux, demandent des quotas inférieurs. Avec cette position, la seule certitude que nous avons, c’est que cet accord mitoyen entraînera une diminution de la production d’acier et occasionnera donc des pertes d’emplois  », a déploré le député.
Au moment de l’annonce des tarifs à la Chambre des communes, le député avait vivement dénoncé la stratégie du gouvernement libéral qui avait mené à leur imposition. Selon lui, le gouvernement du Canada s’était mis en position de faiblesse et maintenant il estime qu’une industrie entière en paie les frais.
« Je salue la subvention qui a été annoncée afin de soutenir ArcelorMittal en cette période d’instabilité causée par les tarifs douaniers. Toutefois, je déplore le fait qu’en n’établissant pas de rapport de force dans ces négociations, Justin Trudeau a ouvert la porte à ces frappes américaines sur notre économie. Un Québec indépendant aurait protégé à tout prix ses industries structurantes comme l’acier et l’aluminium puisque c’est dans son intérêt national de le faire », a conclu Xavier Barsalou Duval.