Les générations à venir risquent de se retrouver devant un vide d’installations religieuses

Les générations à venir risquent de se retrouver devant un vide d’installations religieuses

« Il faudrait se réveiller ensemble avant qu’il ne soit trop tard! » avertit le curé Raymond Poisson

Dans le plus récent semainier paroissial, le curé Raymond Poisson a écrit un texte qui fait réfléchir quant à l’avenir de la vie religieuse au Québec, mais en particulier dans la région où il officie depuis quatre années.

Les gens, c’est bien connu, vont de moins en moins à la messe et il y a plusieurs facteurs qui expliquent cette situation, souligne dans son texte le recteur de la Basilique Sainte-Anne de Varennes.

« Force nous est de reconnaître qu’il y a une nouvelle forme de pratique religieuse, plus noyée dans la vie actuelle devenue si difficile à ajuster : horaire de travail sur sept jours, père et mère sont au travail, les enfants à la garderie, garde partagée lorsque séparation des parents, travail rémunéré chez plusieurs étudiants, etc… Ce sont donc les moments forts de la vie familiale et personnelle qui deviennent les instants sacrés où célébrer en Église devient significatif. Bref, je ne vais pas à l’église uniquement pour célébrer Dieu, mais aussi pour célébrer quelque chose dans ma vie. »

800 participants aux messes

Selon Raymond Poisson, chaque fin de semaine, il y a environ 800 participants aux six messes célébrées dans les cinq paroisses de la région. « Voilà qui constitue non pas l’Église chez nous, mais sans aucun doute les fidèles les plus présents, ceux et celles qui nous permettent de maintenir ouvertes et accueillantes ces cinq églises », poursuit-il.

Quelles que soient les raisons expliquant l’érosion lente du nombre de participants, la situation dans la région et au Québec ainsi que ses conséquences le préoccupent au plus haut point.

« Mais pourront-nous encore longtemps accueillir ces pratiquants occasionnels? Car nos paroisses peinent à conserver leur patrimoine et à l’entretenir. Depuis mon arrivée, dans chacune des fabriques paroissiales, nous avons vendu des terrains ou des édifices dans le but d’obtenir les liquidités nécessaires pour réparer, entretenir et assurer un certain avenir. »

« On peut se demander qui sonnera l’alarme? Ou bien encore, à quel groupe j’appartiens? » Raymond Poisson, recteur de la Basilique Sainte-Anne

« Enfin, n’oublions pas les frais fixes de l’année courante. Prenons l’exemple de la paroisse Sainte-Anne de Varennes : en 2010, elle a dû débourser 100 659 $ pour entretenir, chauffer, éclairer et assurer ses édifices. Et sur ce montant, n’oublions pas les taxes à ajouter : avant la naissance de la TPS et de la TVQ, les Fabriques ne payaient aucune taxe, alors qu’aujourd’hui, elle paient 50 % de ces taxes; et tout récemment, le tarif préférentiel d’électricité est disparu pour ajuster les paroisses au tarif commercial. De quoi questionner notre conception de l’État en service », fait-il remarquer.

« Ma préoccupation est la suivante : lorsque les fidèles de chaque dimanche seront si peu nombreux qu’ils ne pourront plus assumer l’entretien de leur église, que feront nos catholiques occasionnels? Il faudrait comme se réveiller ensemble avant qu’il ne soit trop tard et que les générations à venir se retrouvent devant un vide presque complet d’installations religieuses. »

« On peut se demander qui sonnera l’alarme? Ou bien encore, à quel groupe j’appartiens? », conclut-il.