Expansion du port de Montréal à Contrecoeur: la défense du Chevalier cuivré et la rainette faux-grillon menace le projet de 650 M$

Expansion du port de Montréal à Contrecoeur: la défense du Chevalier cuivré et la rainette faux-grillon menace le projet de 650 M$

Le chevalier cuivré est une espèce en voie de disparition qui se situerait exclusivement dans la grande région de Montréal et dont la population ne dépasserait pas quelques centaines de poissons.

Crédit photo : Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs

Un projet d’envergure de l’ordre de 650 M$ fait évidemment beaucoup jaser alors que les tenants du pour et du contre font valoir leurs différents points de vue. Le 14 février dernier, une communauté d’intérêt formée de représentants de plusieurs groupes environnementaux et de scientifiques a appelé Ottawa et Québec à respecter les lois en vigueur et à faire preuve de transparence.
C’est non sans humour que le groupe se nomme La Table ronde pour la défense du chevalier cuivré, en référence à cette espèce en voie de disparition qui se situerait exclusivement dans la grande région de Montréal et dont la population ne dépasserait pas quelques centaines de poissons.
Ses membres affirment que l’analyse du projet d’expansion du port de Montréal à Contrecœur soulève d’importantes préoccupations quant aux impacts de ce futur chantier. Les 11 représentants d’organismes environnementaux veulent également faire contrepoids « aux chants des sirènes économiques » qui ont été entendus au cours des dernières semaines au sujet de ce projet.
Parmi leurs revendications, ils exigent notamment que Pêches et Océans Canada ainsi que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec fassent « preuve de transparence » en rendant publics dès maintenant tous les avis scientifiques internes traitant de l’impact du projet d’expansion du port de Montréal à Contrecœur sur le chevalier cuivré.
Sauvegarder les espèces
Ils demandent également à Pêches et Océans Canada « d’honorer rapidement l’engagement de prendre un arrêté ministériel pour activer la protection de l’habitat essentiel du chevalier cuivré, tel que prescrit pour la sauvegarde des espèces en voie de disparition par la Loi fédérale sur les espèces en péril ».
« Quant à la population de rainette faux-grillon que l’on retrouve sur le territoire et qui serait impactée par le projet, nous demandons à Environnement et Changement climatique Canada d’adopter sans délai un arrêté ministériel pour protéger la partie de son habitat essentiel située sur les terres fédérales. Le ministère est actuellement en retard de 20 mois sur le délai prescrit par la Loi sur les espèces en péril. Rappelons que le déclin de la rainette faux-grillon se poursuit de plus belle dans le sud du Québec et que la population de Contrecœur est l’une des dernières de la Montérégie », indiquent-ils dans leur document remis aux médias.
Finalement, le groupe demande aux ministères fédéraux responsables de clarifier le cadre légal de la Loi sur les espèces en péril applicable au projet. « À notre grande surprise, l’étude d’impact présente des scénarios incompatibles avec le respect de cette loi et il nous apparaît improductif d’entretenir de faux espoirs sur la possibilité de mener à terme le projet tel qu’il est actuellement présenté. »
Processus public d’évaluation
Rappelons que, pour construire l’aire d’approche et d’amarrage du port de Montréal à Contrecoeur, le fleuve serait dragué sur une surface de 16 hectares, jusqu’à une profondeur de 11 mètres. Le volume total des sédiments et de sols excavés serait estimé à plus d’un million de mètres cubes.
Dans l’étude d’impact environnemental réalisée en 2016 et 2017 par l’Administration portuaire de Montréal (APM) en collaboration avec une équipe d’experts de SNC-Lavalin, il est indiqué : « Pour compenser les pertes d’habitats du poisson, l’APM entend mettre à profit son projet d’habitat de réserve. Ce dernier a débuté en 2008 et a visé la création et l’amélioration des habitats fauniques sur cinq îles différentes sous la gestion de l’APM, localisées dans la partie Nord-Ouest de l’archipel des Îles-de-Boucherville. »
Rappelons en terminant qu’un processus public d’évaluation environnementale fédéral est présentement en cours. Deux séances publiques avec modérateur se tiendront au centre multifonctionnel le mercredi 28 février et le jeudi 1er mars, de 18 h à 22 h, afin de fournir des renseignements sur le projet et répondre aux questions et commentaires des citoyens. De plus, une session portes ouvertes (table thématique) sera présentée quant à elle le mardi 27 février prochain, de 15 h 30 à 20 h au même endroit.

La Table ronde pour la défense du chevalier cuivré
• Alain Branchaud, directeur général, Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec);
• Louis Bernatchez, professeur, Département de biologie, Université Laval;
• Christian Simard, directeur général, Nature Québec;
• Sophie Paradis, directrice du Québec, Fond mondial pour la nature (WWF-Canada);
• Sylvain Perron, analyste, Fondation David Suzuki pour le Québec;
• Alain Saladzius, président, Fondation Rivières;
• Tommy Montpetit, chargé de projet rainette faux-grillon, Ciel et Terre;
• Olivier Kolmel, chargé de la campagne forêt, Greenpeace Canada;
• Daniel Green, co-président, Société pour vaincre la pollution;
• Martine Chatelain, porte-parole, Coalition Eau Secours;
• David Fletcher, porte-parole, Coalition verte-Green Coalition.