Nager 7,6 km, rouler 360 km et courir deux marathons… en moins de 36 heures!

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Par Daniel Bastin
Nager 7,6 km, rouler 360 km et courir deux marathons… en moins de 36 heures!
La Julievilloise Annick De Carufel était la seule Canadienne en lice et seulement deux femmes ont pu compléter ce parcours complètement fou! (Photo : Courtoisie)

La Julievilloise Annick De Carufel est sur un nuage! Après trois années de préparation intense, cette athlète de 52 ans a atteint son objectif de compléter un double Ironman en Virginie, et le tout en moins de 36 heures! Pas mal du tout pour une femme qui, à la mi-quarantaine, était maman au foyer avec 40 livres en trop et qui a décidé un jour de se mettre à la course à pied!
Annick De Carufel a pu réussir à se qualifier pour le Ultra Triathlon Double Anvil disputé à la mi-octobre, ce qui était déjà en soi un exploit, car n’est pas admis qui le désire. Elle était la seule Canadienne à être acceptée et seulement deux femmes ont pu compléter ce parcours complètement fou qui comprend 7,6 km de nage, 360 km de vélo et 84,4 km de course à pied, et ce, en moins de 36 heures!
La mère de trois enfants avait prévu de le faire en 2020, mais la pandémie a alors frappé. En 2021, elle a pu prendre part à l’événement, mais lors de la course, un problème gastrique l’a empêchée de poursuivre son épreuve, à sa grande déception!
La toute nouvelle grand-maman (!) s’en promettait donc pour 2022 et, là encore, la « mécanique humaine » a failli lui jouer un tour, car elle était à deux minutes près de dépasser 36 heures et d’être disqualifiée, puisque son chrono s’est arrêté à… 35 heures, 57 minutes et 53 secondes!
Conditions difficiles
Heureusement, Annick était extrêmement bien entraînée en vue de ce grand défi et elle espérait même réussir le tout en moins de 35 heures, mais les conditions particulièrement difficiles qui prévalaient en Virginie lors de l’événement ont failli lui jouer un tour!
« À la nage, ça s’est très bien passé, relate-t-elle, j’étais première chez les femmes et troisième au total, mais c’est la nuit que ça s’est compliqué… Il a fait vraiment froid pour la saison en Virginie alors que le mercure avoisinait le 0 degré Celsius. Il faisait très humide aussi, de sorte qu’on ressentait entre – 12 et – 14 degrés! Ce n’était pas évident! Quand j’ai fini mon épreuve en vélo, j’avais les mains tellement gelées, figées, que je n’arrivais pas à défaire la fermeture éclair de mon vêtement, ce sont des membres de mon équipe qui ont dû m’aider! »
« Le jour, pour la course à pied, ça se déroulait sur un parcours sans ombre, il n’y avait pas de vent et c’était sur l’asphalte. Le mercure indiquait 24 degrés avec un ressenti beaucoup plus chaud encore pour les participants. À un moment donné, j’ai fait une chute de pression et je ne me sentais pas bien. Il a fallu que je ralentisse le rythme, je n’avais pas le choix… »
« Un peu avant de franchir la ligne d’arrivée, les organisateurs font jouer l’hymne national du pays du coureur et il brandit son drapeau, mais moi j’ai demandé à mon mari de tenir le drapeau, car je devais rester concentrée. Une fois arrivée, j’ai vécu beaucoup d’émotions et c’était une belle réussite de le compléter enfin! »
« Ce qui m’a touchée, c’est que plusieurs athlètes m’attendaient! C’est un peu, disons, ma « marque de commerce » d’encourager beaucoup les participants autour de moi et certains m’ont dit que ça les avait aidés à finir l’épreuve eux aussi! C’était vraiment un beau moment! »
Et ce qui est étonnant, c’est que durant ces 36 heures, l’athlète d’exception ne s’est accordé qu’une petite pause de…22 minutes! Et seulement pour relaxer un peu les yeux fermés, avant de repartir de plus belle!
Son « arme secrète »!
Son objectif était de compléter le double Ironman et d’avoir du « plaisir » en le faisant, de profiter de sa course alors, pour y arriver, il a fallu s’entraîner extrêmement fort et très longtemps. Cela variait beaucoup selon la période de l’année, mais, pour vous donner une idée, un mois avant l’événement, elle s’entraînait environ 15 heures le samedi et 16-17 heures le dimanche, alors que, du mardi au vendredi (lundi c’est congé!), elle pouvait faire un demi-marathon le matin et deux à trois heures de nage le soir!
Tout au long de l’entretien, elle ne cesse de remercier sa famille, ses amis, son entraineur Jean-Frédéric Fortin, et surtout son mari depuis les 30 dernières années, Ghislain Larouche, qui est son fan numéro un! Ils sont à la fois son équipe et son « arme secrète » on dirait!
Annick est donc sur un nuage, mais elle se prépare déjà en vue de son objectif de 2024 qu’elle ne veut pas encore dévoiler. Votre humble serviteur a alors voulu en savoir plus, mais elle a enfourché son vélo et est partie comme une balle en sachant très bien que je ne pourrai pas la rattraper!
À suivre!


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