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Préserver la santé est la meilleure manière de diminuer la pression sur le système de soins de santé

communiqué
Préserver la santé est la meilleure manière de diminuer la pression sur le système de soins de santé
À l’approche du dépôt du budget du gouvernement du Québec, un regroupement d’organismes de santé demande au ministre des Finances, Éric Girard, que des mesures fiscales ambitieuses soient mises en place pour réduire la consommation de produits nuisibles à la santé. (Photo : Coalition santé)

À l’approche du dépôt du budget du gouvernement du Québec, un regroupement d’organismes de santé demande au ministre des Finances, Éric Girard, que des mesures fiscales ambitieuses soient mises en place pour réduire la consommation de produits nuisibles à la santé. À terme, ces mesures auront pour effet de préserver la santé de la population, de ralentir la prolifération des maladies chroniques associées à la consommation de ces produits et de réduire la pression sur le système de soins tout en générant une partie des sommes nécessaires à la refondation du système de santé.

Diminuer la pression sur le système
La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la fragilité du système de santé du Québec par un afflux important de patients dans nos hôpitaux. Alors que près de 50 % du budget de la province est destiné à financer le fonctionnement du système de soins, des stratégies doivent être mises en place pour réduire la consommation de produits nuisibles à la santé, tels que les cigarettes, les produits du vapotage et les boissons sucrées, afin de diminuer le nombre d’hospitalisations futures. « Pour réduire la pression sur le système de soins, on doit garder les gens en santé et agir en diminuant la consommation de produits qui rendent les Québécois malades. Ces mesures ont fait leurs preuves ailleurs sur la planète et ont été recommandées à de multiples reprises par les autorités de santé publique, » indique Kevin Bilodeau, directeur des relations gouvernementales, Québec, à Cœur + AVC.

Diminuer les coûts sociaux associés à la santé
Dans ce contexte, investir en prévention des maladies chroniques et mettre en place des conditions favorables à la santé est essentiel. « La santé de la population est une ressource économique précieuse. Au Québec, une personne en santé coûte environ 544 $ par année. Malheureusement, une personne atteinte de plusieurs maladies engendre des coûts de 4 822 $ par année, visite régulièrement les installations hospitalières et diminue sa capacité à contribuer à la société. Il apparaît donc important que le gouvernement mette en place des mesures qui auront un double impact », déclare Guy Desrosiers, chef de la direction chez Capsana.

Le tabagisme, un tueur silencieux qui pèse sur le système de santé
Chaque année, le tabac tue 13 000 Québécois, soit près de 20 % de tous les décès au Québec, et envoie des milliers de fumeurs aux urgences. De plus, le temps consacré pour soigner ces personnes représente environ 27 % des consultations infirmières. Le tabagisme n’a pas seulement des conséquences sur les ressources humaines du réseau de la santé, mais également sur ses finances. En effet, soigner les fumeurs coûte aux Québécois 2,5 milliards de dollars chaque année, alors que la taxe sur le tabac rapporte seulement 900 millions. Chaque baisse d’un point de pourcentage du taux de fumeurs ferait économiser 114 millions aux contribuables.

« C’est bien connu, le tabac tue. Il constitue en réalité la première cause de décès évitable et la taxation est le moyen le plus efficace et le plus rentable1 pour réduire le taux de tabagisme. Pourtant, le Québec est bon dernier en matière de taxation du tabac par rapport aux autres provinces canadiennes. Nous sommes à 15 $ de moins que l’Ontario en matière de taxation et 30 $ de moins que la moyenne canadienne » a déclaré Annie Papageorgiou, directrice générale du Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS).

Si le ministre des Finances choisit de taxer le tabac à la hauteur de l’Ontario, le Québec pourrait générer, en 5 ans, près de 2 milliards de dollars en revenus supplémentaires. « Le tabagisme est la cause de 30 % des décès par cancer et c’est un fumeur sur deux qui meurt des conséquences de sa consommation de tabac. Le Québec est de loin la province qui taxe le moins le tabac bien que son taux de fumeurs soit supérieur à la moyenne nationale », soutient David Raynaud, gestionnaire, Défense de l’intérêt public à la Société canadienne du cancer.

« Hausser la taxe tabac résulterait non seulement avec moins de fumeurs mais aurait aussi pour effet d’alléger le fardeau sur le système de santé, d’assurer sa résilience face aux imprévus et de bonifier les finances publiques. Compte tenu de la contrebande de cigarettes qui se maintient à un niveau relativement faible depuis plus de 10 ans, le Québec n’a plus d’excuses pour se priver de la mesure la plus efficace pour contrer le tabagisme, soit la taxation du tabac, » affirme Flory Doucas, codirectrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac dont la mission porte sur les enjeux touchant le tabac et la dépendance à la nicotine.

L’explosion du vapotage chez les jeunes est une préoccupation de nombreuses organisations de santé. En effet, selon l’Institut statistique du Québec, c’est un tiers des jeunes de secondaire 4 et 5 qui vapotent. La mise sur pied d’une taxe spécifique sur les cigarettes électroniques combinée à une augmentation de la taxe sur le tabac contribuerait à protéger nos jeunes de la nicotine et ainsi éviter la création d’une nouvelle génération de fumeurs.

Taxer les boissons sucrées et investir en prévention des maladies chroniques
Assurer l’accès à une saine alimentation et un mode de vie physiquement actif à l’ensemble de la population est une stratégie indispensable pour garder notre population en santé et répondre aux défis économiques engendrés par les maladies chroniques. En effet, on estime que 75 % des maladies chroniques et quatre cancers sur dix peuvent être évités ou retardés par l’adoption de saines habitudes de vie.

Les effets collatéraux de la pandémie sur les habitudes de vie laissent présager des conséquences préoccupantes sur la santé. Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), comparativement à la période prépandémique, le quart des adultes rapporte une augmentation de la consommation de malbouffe. En ce sens, la consommation de boissons sucrées est associée à de nombreuses conséquences sur la santé, comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, le syndrome métabolique et les problèmes dentaires. « Les boissons sucrées sont des produits non essentiels omniprésents qui bénéficient d’un marketing intensif qui cible surtout les jeunes. Alors qu’elles devraient être consommées occasionnellement, elles occupent une place démesurée et c’est la société québécoise qui en paye actuellement le prix », indique Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids.

Instaurer une taxe de 20 ¢ par litre sur les boissons sucrées et réinvestir les revenus en prévention est une solution prometteuse afin de réduire la pression exercée sur le système de santé et favoriser la santé et le bien-être de la population. Cette mesure fiscale a d’ailleurs fait ses preuves ailleurs dans le monde. Au Québec, elle permettrait de générer plus de 50 millions de dollars annuellement pouvant être réinvestis en prévention, notamment dans des programmes d’accès aux aliments sains.

La mise en place de politiques publiques et d’environnements favorables aux saines habitudes de vie nécessite des investissements significatifs pour diminuer la hausse des coûts de santé d’une population vieillissante, dans laquelle plus de 1,1 million d’adultes sont atteints d’au moins deux maladies chroniques. Avec de telles prévalences, il est clair qu’il ne s’agit pas uniquement de problèmes relevant de la responsabilité individuelle. Voilà pourquoi des actions gouvernementales qui impliquent une multitude de ministères sont nécessaires.

L’acceptabilité sociale au rendez-vous
Selon un sondage Léger réalisé en décembre 2020, 76 % de la population québécoise est d’accord avec une augmentation des taxes sur les produits néfastes à la santé, comme les cigarettes, les produits de vapotage et les boissons sucrées. De plus, 83 % de la population est en faveur de l’imposition d’une taxe sur les produits de vapotage afin de réduire le taux de jeunes vapoteurs, selon un sondage Ipsos réalisé en février 2021.

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