Verchères 350

« Les corps d’Eric et de Vanessa se fondent un dans l’autre. » -Julie Marcotte

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
« Les corps d’Eric et de Vanessa se fondent un dans l’autre. » -Julie Marcotte
L'entraineuse et chorégraphe Julie Marcotte en compagnie d'Eric, de Vanessa et de la mascotte des Jeux de Pékin.

Au cours des premiers jours des Jeux de Pékin, des millions de regards ont observé la performance touchante du duo canadien formé de la patineuse Vanessa James et de son partenaire Eric Radford lors de la compétition par équipe.

Malgré un incident nous ayant fait craindre le pire durant les échauffements, le couple a terminé au quatrième rang. Ce qui, pour un tandem formé il y a quelques mois, tient de l’exploit et valide nos espoirs.

Union Organique

Si cette chimie palpable qui les anime sur la glace est toute récente, on se surprend à se demander ce qui aurait bien pu advenir si ces athlètes et artistes avaient eu l’opportunité de se côtoyer plus tôt. La coach et chorégraphe Julie Marcotte, dont l’école de Sainte-Julie a accompagné plusieurs patineurs d’envergure internationale au fil des ans, a été aux premières loges et le témoin privilégié des premières étincelles entre ces deux patineurs visiblement faits pour s’entendre.

« C’est fou, s’émerveille de Pékin celle qui accompagne ses protégés dans cette aventure. C’est comme rencontrer à soixante ans une personne avec qui tu aurais pu passer ta vie. (rires) J’ai travaillé avec Eric à l’époque où il faisait équipe avec Meagan (Duhammel) et je dois dire aujourd’hui que, s’ils avaient eu l’opportunité de passer plus de temps ensemble, Vanessa et lui auraient eu le potentiel pour devenir un couple inégalé, incomparable. »

Selon Julie Marcotte, cette précieuse chimie, celle qui s’épare les champions des aspirants, s’est manifestée dès le premier jour.

« Leurs corps se fondent un dans l’autre. Je n’ai jamais vu ça. Leur union est organique et ils sont 100 % dans la vérité. Ils sont tellement authentiques. Ce qu’on voit d’eux sur la glace, c’est ce qu’ils sont dans la vie. »

Expérience et charisme

Rappelons que le double médaillé des Jeux de PyeongChang a annoncé en avril dernier qu’il sortait de sa retraite. Son motif? Se lancer dans une ultime course à la médaille olympique en compagnie de sa nouvelle partenaire.

Une décision prise, semble-t-il, après avoir eu l’opportunité de croiser le fer avec Vanessa James dans le cadre de la compétition télévisée Battle of the Blades diffusée sur les ondes de la CBC.

« J’ai travaillé avec eux tous les jours et, quand ils improvisaient, qu’ils s’amusaient, leurs bras, leurs corps… tout bougeait de façon identique, raconte Julie Marcotte. C’était systématique. Et ils ont tellement de charisme tous les deux. Quand ils viennent s’entrainer, c’est toujours dans la gentillesse, le bonheur, la générosité et ils se supportent mutuellement. Ils sont là pour l’autre. »

Patinage de rattrapage?

Durant une compétition où les nombreux imprévus font partie du cours normal des choses semble-t-il, on peut penser que les athlètes plus expérimentés vont avoir certains vantages. Notamment celui d’être plus aptes à garder leur sang-froid et de savoir s’adapter aux situations atypiques afin d’éviter les écueils.

Un atout qui pourrait ultimement leur permettre de rattraper un brin du terrain perdu aux mains de certains compétiteurs. Ceux qui ont eu un peu plus de temps pour apprendre à se connaître et travailler leur routine.

« Ça n’a pas été facile cette année parce qu’ils apprenaient à travailler ensemble, croit Julie Marcotte. À plusieurs occasions, ils auraient pu manifester de la frustration, j’aurais pu voir ressortir leur côté noir, mais jamais, jamais ça ne s’est produit. Alors nous n’arrivons pas ici avec la constance des Russes ou des Chinois qui patinent ensemble depuis 20 ans, mais nous sommes compétitifs! »

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