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1 000 cas actifs en Montérégie: la pénurie d’infirmières fait craindre le pire

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Par Daniel Bastin
1 000 cas actifs en Montérégie: la pénurie d’infirmières fait craindre le pire
La pénurie d’infirmières fait en sorte que c’est difficile dans plusieurs hôpitaux aux soins intensifs et dans les urgences. (Photo : Shutterstock)

En Montérégie, le nombre de personnes infectées par le coronavirus est en hausse depuis maintenant deux mois et il y avait plus de 1 000 cas actifs de recensés en date du 20 septembre. Cette augmentation, jumelée à la pénurie d’infirmières dans le réseau de santé, ont pour effet de causer des ruptures de services dans les hôpitaux de la région.
Dans une entrevue accordée au journal La Presse le 22 septembre dernier, le Dr Germain Poirier, chef du service des soins intensifs de l’hôpital Charles-Le Moyne et président de la Société des intensivistes du Québec, a avoué qu’il n’a jamais connu une crise de main-d’œuvre d’une telle ampleur, lui qui travaille pourtant aux dans ce milieu depuis 20 ans, et qu’il n’a jamais vu le réseau « en aussi mauvais état en termes de ressources humaines ». Cette situation fait en sorte que c’est difficile dans plusieurs hôpitaux aux soins intensifs et dans les urgences, notamment à Charles-Le Moyne où un étage a complètement fermé cet été.
Une des sources de ce problème des plus préoccupants, c’est que les infirmières désertent le réseau public pour le privé où les conditions de travail sont plus intéressantes. Le défi du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, est de taille car il doit trouver au moins 4 300 infirmières pour pallier les démissions liées à la pandémie et, d’ici au 15 octobre, il devra faire face à la suspension massive de milliers de soignants non vaccinés…
Un nouveau modèle de gestion
C’est dans cette optique qu’il a annoncé, le 23 septembre dernier, un nouveau modèle de gestion et des incitatifs pour la rétention ainsi que l’attraction de personnel visant à mieux répondre aux besoins du réseau de la santé et des services sociaux en matière de soins infirmiers. Ces mesures devraient permettre d’améliorer la conciliation travail et vie personnelle des infirmières ainsi que la consolidation des équipes, d’offrir des horaires stables et prévisibles, en plus de diminuer la charge de travail.
Le ministre Dubé a expliqué lors de ce point de presse que la démarche vise premièrement à augmenter le personnel travaillant à temps plein. Ainsi, en favorisant la rétention du personnel et en allant chercher de nouvelles ressources, le temps supplémentaire obligatoire pourra être diminué, voire éliminé. De plus, afin de rendre le réseau public plus attrayant, les employés provenant des agences de placement privées se verront offrir principalement les plages horaires défavorables (par exemple les soirs, nuits, fins de semaine). Aussi, des agents administratifs seront embauchés en services cliniques dans les prochaines semaines afin de libérer les infirmières de ces tâches.
Christian Dubé a ajouté que l’objectif est d’assurer l’attraction et la rétention du personnel grâce à des initiatives qui permettront de diminuer rapidement la pression sur les équipes de travail et de rééquilibrer la charge de travail pour les secteurs et quarts de travail plus critiques, entre autres dans les régions où la pénurie est plus marquée.
Pour combler les besoins jugés critiques, plusieurs incitatifs d’attraction et de rétention seront offerts au personnel de la catégorie 1, comme les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques, soit plus d’employés à temps complet; augmentation de la semaine régulière de travail à 37,5 heures par semaine; montant forfaitaire pour le nouveau personnel de 12 000 $ à 15 000 $ en fonction de la région; montant forfaitaire de 15 000 à 18 000 $ pour tout travailleur à temps complet déjà à l’emploi du réseau de la santé et des services sociaux.

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