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Fouilles archéologiques à Contrecœur: Une chasse au trésor qui porte ses fruits

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Fouilles archéologiques à Contrecœur: Une chasse au trésor qui porte ses fruits
Les archéologues Luce Archambault et Gina Vincelli (Photo : Steve Martin)

Du 31 août au 4 septembre derniers, les membres de l’équipe de la coopérative de consultants en archéologie Artefactuel ont effectué des fouilles au parc Joseph-É.-Chaput situé au 6440, route Marie-Victorin, à Contrecœur. Et on peut dire que leur persévérance a été récompensée.

En effet, après quelques tentatives infructueuses, les archéologues ont finalement repéré un ancien moulin à vent pouvant dater du XVIIe ou du XVIIIe siècle et dont la fondation de chaux s’est maintenue, malgré le passage du temps, dans un état de conservation exceptionnel.

« Beaucoup de données provenaient de la Société d’histoire, explique l’archéologue Luce Archambault. Mme (Suzanne) Parmentier, qui est une véritable encyclopédie vivante, nous a beaucoup aidés en rassemblant énormément d’écrits. Dans les années 1990, elle est venue sur le site avec un archéologue du ministère. Elle a bien vu à l’époque qu’il y avait des pierres, mais depuis, la nature a repris le dessus. Des vinaigriers ont poussé sur les fondations, alors on avait un peu perdu leur trace. »

La fondation découverte par les archéologues
La fondation de l’ancien moulin est dans un état de conservation exceptionnel malgré le passage du temps.

Pierre qui roule…

Un des mystères cependant demeure la provenance des pierres qui ont servi à la construction du moulin puisque le secteur sablonneux de la région ne permettait pas d’en trouver suffisamment pour ériger une telle construction.

« En fait, nous sommes sur un gros carré de sable, poursuit Luce Archambault. Il n’y a pas de pierre dans la région. Alors comme il n’y a pas de pierres à Contrecœur, dès que le moulin a été désuet, les habitants sont venus chercher toutes celles qui étaient en surface pour construire leur maison. Heureusement, ils ne sont pas allés dans le sol pour les sortir! Alors il en restait, et pas mal plus que nous avions pu le croire. »

Les deux morceaux d'une hache de pierre et d'autres outils découvert sur le lieu des fouilles.
La hache découverte sur le site pourrait dater de l’époque archaïque, il y a 4 000 ans.

Une découverte étonnante

Outre le fameux moulin, les archéologues ont par ailleurs retrouvé, durant leurs fouilles, quelques objets datant d’un autre siècle, y compris un artéfact qui va sans doute permettre d’ajouter une couche à la riche histoire du site. Une découverte qui a pu, avec raison, soulever leur enthousiasme.

« Pour le moment, il faut dire que nous avons nettoyé le site, mais nous n’avons toujours pas fouillé à l’intérieur ni à l’extérieur des fondations, nous a pour sa part expliqué Gina Vincelli lors d’une journée durant laquelle les amateurs d’histoire et les curieux avaient l’opportunité de visiter le site. Mais nous avons tout de même trouvé des objets qui appartenaient au moulin, comme un crochet par exemple. Ce qui est vraiment intéressant, c’est que nous avons aussi découvert un élément autochtone dans la maçonnerie : une hache en pierre polie. C’est vraiment inusité! »

Selon l’archéologue, le moulin pourrait avoir été érigé sur un ancien site préhistorique occupé par une population ayant vécu sur ces terres quelques milliers d’années avant notre ère.

« Ce serait logique puisque nous sommes sur un promontoire près du fleuve et il y avait un ruisseau à proximité. Ces éléments convergent vers une occupation humaine. La hache pourrait dater de l’époque archaïque, soit 4 000 ans avant aujourd’hui. Les maçons l’ont peut-être trouvée en creusant et, comme toutes les pierres étaient importantes, ils ont choisi de la récupérer. Il y a même du mortier encore dessus. »

Un fer à cheval, un crochet et d'autres objets découverts sur les lieux
Quelques objets déterrés au cours des fouilles autour du moulin.

Mise en valeur

Une fois les fouilles préliminaires complétées, Luce Archambault et Gina Vincelli vont par ailleurs, au cours des prochaines semaines, rédiger leur rapport et émettre quelques recommandations pour la conservation et la mise en valeur du site qui appartient à la Ville de Contrecœur.

D’ici la prochaine étape, la fondation du moulin sera recouverte d’un géotextile afin de la protéger des intempéries.

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