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Boucherville se dote d’une Politique de l’arbre

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Par Diane Lapointe
Boucherville se dote d’une Politique de l’arbre
La Ville de Boucherville s’engage, par le biais de sa Politique de l’arbre, à tout mettre en œuvre pour assurer le développement et la pérennité de son riche patrimoine arboricole. (Photo : Diane Lapointe)

Pour les protéger des différentes menaces et agressions qui mettent en péril leur intégrité, et pour augmenter leur présence afin d’accroitre la canopée urbaine, la Ville de Boucherville a adopté une Politique de l’arbre. Elle leur accorde ainsi une place de choix pour l’avenir.
Cette nouvelle politique favorise le reboisement urbain amorcé il y a quelques années, et a comme mission principale de préserver la forêt urbaine. « Elle est nécessaire pour agir localement et de façon cohérente face aux menaces auxquelles sont soumis les arbres et la forêt urbaine. En effet, au Québec, comme ailleurs dans le monde, les forêts urbaines et naturelles subissent différentes agressions qui mettent en péril leur intégrité. La présence dévastatrice de ravageurs exotiques envahissants, comme l’agrile du frêne, en est un exemple concret, dont les conséquences se manifestent à grande échelle et de façon foudroyante. Les changements climatiques menacent également la forêt urbaine. Paradoxalement, l’arbre est un formidable outil de lutte et d’adaptation à ces changements climatiques », lit-on entre autres dans la politique.
Les grandes orientations
Le déploiement de son plan d’action s’effectuera sur un horizon de dix ans. Quatre grandes orientations sont proposées afin de concrétiser cette vision et d’affirmer la volonté de protéger, d’augmenter et de diversifier la forêt urbaine bouchervilloise : créer une culture de l’arbre; connaitre la forêt urbaine de Boucherville; protéger, entretenir et valoriser la forêt urbaine; accroitre la canopée.
Pour le maire Jean Martel : « la présence des arbres est primordiale pour réduire les gaz à effet de serre, augmenter les îlots de fraîcheur, amortir les bruits et embellir la ville et les propriétés, sans compter tous ses effets positifs sur le bien-être général des individus. »
« Cette nouvelle politique vise à reconnaitre les arbres comme nos alliés. Elle montre la place importante qu’ils occupent dans la communauté. Pour maintenir et enrichir cette place, la Ville s’emploiera à mieux connaître la composition de notre forêt urbaine et ses particularités, à augmenter le nombre de plantations et à accroître la diversité des essences sur notre territoire. Pour les, citoyens, cela donnera lieu à d’heureux changements, notamment en matière de bonification des programmes de distribution d’arbres et d’ajout d’outils éducatifs permettant une meilleure compréhension de la valeur des arbres », a pour sa part mentionné la conseillère municipale et présidente de la commission du Plan de développement durable, Anne Barabé.
L’adoption de la Politique de l’arbre répond à une action identifiée dans l’Agenda 21 (Plan de développement durable adopté en 2013) et dans le plus récent Plan d’urbanisme de Boucherville. Elle est inspirée des idées, besoins et commentaires formulés par près de 2 000 citoyens concernant leurs aspirations pour les arbres. Elle est donc l’aboutissement d’une consultation publique, chapeautée par un comité de pilotage, formé de citoyens, de représentants de groupes communautaires, d’élus et de fonctionnaires. Elle est aussi le résultat de consultations tenues auprès de fonctionnaires issus de plusieurs directions de la Ville.

Les arbres à Boucherville 
« Selon les analyses de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), basées sur des images aériennes captées en 2019, la canopée des arbres couvre 16,8 % du territoire de Boucherville. Il s’agit de la plus faible proportion de l’agglomération de Longueuil. Cela s’explique par le fait que l’on trouve peu d’arbres sur de très grandes superficies dans les terres cultivées de la zone agricole, de même que dans les parcs industriels et les zones commerciales. D’ailleurs, la faible présence d’arbres explique que les zones commerciales et industrielles sont d’importantes sources d’îlots de chaleur.
Certains quartiers récents, comme Harmonie et Villes et provinces de France, affichent également une faible canopée qui couvre moins de 10 % de leur superficie, puisque les arbres y sont souvent moins nombreux et surtout de plus faible envergure. D’autres quartiers, généralement plus âgés, ont une canopée qui couvre plus de 20 % de leur superficie. Sans surprise, les arbres dans les boisés urbains et milieux naturels contribuent à la canopée, ces milieux couvrant près de 500 hectares du territoire de Boucherville, en excluant les îles de Boucherville. »

Recensement
– On estime le nombre d’arbres publics à 12 000, dont ± 8 000 arbres bordent les rues et ± 4 000 arbres sont des arbres de parcs (les arbres présents dans les milieux naturels et sur le domaine privé sont exclus de ce calcul).
– On trouve 52 espèces d’arbres publics sur rue; les érables y dominent avec près du tiers des arbres. Dans les parcs, la diversité est plus grande et le nombre d’espèces s’élève à 96.
– Les arbres ont été regroupés en quatre classes d’âge : jeune, intermédiaire, mature et suranné (vieux). À ce dernier stade, le taux de croissance des arbres diminue et ils s’affaiblissent. Les arbres dits « matures » représentent plus de 50 % des arbres de rue et sont présents dans 67 % des parcs aménagés.
– Certains secteurs tels que les districts Marie-Victorin et Rivière-aux-Pins ainsi que le parc industriel Lavoisier sont fortement dominés par des arbres de rue matures. À l’opposé, le secteur Harmonie a une plus grande proportion de jeunes arbres.
– La forte présence d’arbres matures implique que la plantation de jeunes arbres doit être prévue dans ces quartiers afin d’assurer la relève.
– Les milieux naturels et boisés sont touchés par des espèces exotiques envahissantes. L’agrile du frêne est probablement l’espèce dont les ravages sont les plus visibles actuellement, d’autant plus que l’insecte affecte de nombreux boisés composés d’une forte proportion de frênes (ex. : Bois-de-Brouage, Boisé-du-Pays-Brûlé). La maladie hollandaise de l’orme ainsi que la prolifération du nerprun et du roseau commun affectent également nos espaces boisés, sans compter les activités non autorisées (ex. : coupe d’arbres, espaces de feux, dépôt de déchets).
– La majorité des milieux naturels ou boisés municipaux ont un intérêt de conservation élevé étant donné leur contribution à la biodiversité et à la création d’îlots de fraîcheur. »



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