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Les mandats de Suzanne Roy à l’UMQ furent décisifs

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Par Daniel Bastin
Les mandats de Suzanne Roy à l’UMQ furent décisifs
Les mandats de Suzanne Roy à la présidence de l’Union des municipalités du Québec furent à la fois marquants et remarqués. (Photo : UMQ)

Les mandats de Suzanne Roy à la présidence de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) furent à la fois marquants et remarqués. La mairesse de Sainte-Julie a toujours porté une attention particulière aux communications avec la population et cela s’est reflété durant ses passages à l’UMQ puisque l’organisation a bénéficié d’une visibilité importante à travers les médias de la province. Mais le plus important changement est survenu alors que le rôle essentiel des municipalités a été reconnu par le gouvernement du Québec en confirmant leur statut de « gouvernement de proximité » et surtout en leur octroyant un financement qui leur donne enfin les moyens d’agir.
Quelques jours avant l’ouverture officielle des 99e assises annuelles de l’UMQ, Suzanne Roy a fait savoir qu’elle passait le flambeau à la présidence au maire de Gaspé, Daniel Côté, qui devenait à 41 ans le plus jeune élu désigné à ce poste depuis la fondation de l’organisme en 1919.
Si Suzanne Roy a passé le relais, elle a établi des bases sur lesquelles ses successeurs pourront travailler et aller plus loin. « Le contexte qu’il faut comprendre, c’est que les municipalités offrent de plus en plus de services à la personne », explique-t-elle, faisant valoir que le rôle des villes il y a seulement 30 ans est bien différent de ce que l’on peut constater présentement.
Il n’y a pas si longtemps, les villes étaient considérées simplement comme des « créatures du gouvernement », donc sur leur gouverne, mais le projet de loi déposé en juin 2017 par le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, offrait enfin un nouveau statut aux municipalités québécoises, qui sont désormais reconnues comme des « gouvernements de proximité », c’est-à-dire des instances relativement autonomes par rapport au gouvernement provincial.
Parmi ses dispositions, on trouve notamment l’augmentation des pouvoirs en matière d’urbanisme, la réduction des contrôles provinciaux sur les décisions municipales, l’accès à de nouvelles ressources financières et à de nouveaux pouvoirs en matière de développement local et régional.
Cet engagement s’est accompagné également d’un financement à la hauteur de cette reconnaissance, soit un point de la plus value de la taxe de vente du Québec (TVQ), ce qui représente environ 730 millions de dollars sur cinq ans, a précisé celle qui a été à la tête de l’UMQ de 2014 à 2016, puis de 2020 à nos jours, en occupant également le poste de présidente intérimaire de 2019 à 2020.
Aux première loges de la pandémie
Et quand la pandémie a fait des ravages, les municipalité ont véritablement pu prouver l’importance de ces « gouvernements de proximité », car elles ont prodigué de nombreux services et aides auprès de leurs citoyens qui se trouvaient du jour au lendemain sans travail ou extrêmement inquiets pour leur santé ou celle de leurs parents.
« À Sainte-Julie par exemple, nous avons pu rapidement mettre en place des mesures pour appuyer les organismes qui viennent en aide à la communauté, nous avons mis en place une chaine d’appels auprès des personnes âgées qui sont seules et plus vulnérables, nous avons posé des gestes afin de soutenir les commerces et encourager l’achat local, etc. », a énuméré Suzanne Roy.
C’est entre autres en voyant l’importance et l’efficacité des « nouveaux » « gouvernement de proximité » en temps de crise que Québec et Ottawa ont versé en septembre dernier une aide financière de 2,3 milliards de dollars pour soutenir les municipalités dans le contexte de la pandémie, dont une contribution de 800 millions de dollars pour les années 2020 et 2021 pour le maintien des services municipaux et la relance sécuritaire dans toutes les régions.
« Cette reconnaissance est un grand pas en avant! », se réjouit Suzanne Roy, « mais il n’y a pas encore de changement constitutionnel dans ce dossier, alors il reste d’autres pas à faire, mais nul doute qu’il s’agit d’un premier pas très important! », conclut-elle avec un large sourire.





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