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Services animaliers: une hausse des abandons à prévoir après la pandémie?

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Services animaliers: une hausse des abandons à prévoir après la pandémie?
En 2020, pour 178 chiens recueillis par la RISAVR et traités, 95 ont retrouvé leur foyer alors que 61 ont été adoptés. (Photo : pxfuel)

Comme ce fut le cas pour l’ensemble des organismes du territoire, la Régie intermunicipale des Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu (RISAVR) vient de traverser une année hors norme marquée par une hausse des adoptions d’animaux de compagnie, mais qui a également amplifié certaines problématiques.

Un des effets collatéraux inattendus de la pandémie que nous traversons depuis mars 2020 fut la ruée d’une partie de la population vers les animaux de compagnie doublée d’une baisse des abandons. De nombreux chats, qui comptent à eux seuls pour 80 % des cas d’intervention de la Régie, ont ainsi pu trouver un nouveau toit. Sur 760 chats recueillis et traités, 44 ont été réclamés par leur propriétaire alors que 408 félins ont été adoptés. Du côté canin, pour 178 chiens recueillis et traités, 95 ont retrouvé leur foyer alors que 61 ont été adoptés.

Alors que les éleveurs faisaient de bonnes affaires en raison de la hausse de la demande et que les refuges réussissaient à placer plusieurs de leurs pensionnaires, d’autres, moins scrupuleux, ont profité de la situation pour mettre quelques dollars dans leurs poches, généralement au détriment d’acheteurs mal renseignés et surtout, de l’animal lui-même.

« De nombreux citoyens ont fait l’acquisition d’un chien sur différentes plateformes comme Kijiji », explique Suzie Prince, directrice générale de la RISAVR dont le territoire couvre notamment Sainte-Julie et Varennes. « Et tout ça, sans recevoir de garantie au niveau de la santé de l’animal. Il faut faire attention. Nous avons vu passer beaucoup de cas de chiens adoptés durant la pandémie qui avaient d’importants problèmes de santé qui n’avaient pas été identifiés. Aucun test génétique n’avait été réalisé. Les gens n’avaient pas de contrat avec l’ancien propriétaire de l’animal, alors nous avons dû intervenir à plusieurs reprises. »

Mme Prince rappelle que le mauvais état de santé de l’animal est un facteur fréquent d’abandon et rend de surcroît ce dernier plus difficile à adopter.

5 000 $ pour un chiot

Après avoir payé une coquette somme pour se procurer un compagnon, certains ont par ailleurs dû reconsidérer leur décision lorsqu’ils ont commencé à recevoir certaines factures inhérentes à l’entretien d’un animal de compagnie, en particulier si celui-ci n’est pas en bonne santé.

« Des chiots, qui ne sont pourtant pas pure race, se sont vendus à 5 000 $. Quand le temps est venu de les faire stériliser, des gens nous appellent, car ils n’ont pas les sous pour assumer cette charge. Certains se disent qu’ils ont déjà assez payé alors que d’autres ont pu perdre leur travail entretemps. »

Comme tous les observateurs du milieu, Mme Prince s’attend par ailleurs à une hausse des abandons lorsque la majorité des gens auront retrouvé leur routine de travail d’avant la pandémie. « Nous allons avoir des enjeux à ce niveau, c’est évident. Quand on a besoin de compagnie, un animal diminue le stress. Nous en avons eu la meilleure illustration cette année. Mais lorsque viendra le temps de reprendre le travail et une vie plus normale, il ne faudrait pas que l’animal paie le prix pour l’être humain qui va un peu mieux. »

Indice de stress

Fait à noter, la Régie a par ailleurs reçu plus de plaintes, provenant de voisins irrités, que par le passé, une tendance elle aussi accentuée par la pandémie. « En fait, avec le nombre de plaintes, nous avons été en mesure de constater à quel moment le stress de la population était plus intense, croit Suzie Prince. Nous en avons eu énormément l’an dernier en mars/avril. Puis, ç’a diminué durant la période estivale pour remonter pendant le second confinement. Donc, je dirais que le nombre de plaintes est un indicateur de l’état de stress ou de détresse de la population. Les aboiements de chiens sont devenus extrêmement problématiques durant ces périodes. »

2020 en chiffres à la Régie intermunicipale des Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu

 

1 353 animaux recueillis

821 chats

181 chiens

24 animaux exotiques

327 animaux sauvages

 

959 animaux traités

760 chats

178 chiens

21 animaux exotiques

 

142 Animaux retournés à leur propriétaire

44 chats

95 chiens

3 animaux exotiques

 

786 animaux sauvés

En 2019 : 725

En 2018 : 574

691 chats

77 chiens

18 animaux exotiques

 

482 adoptions

408 chats

61 chiens

13 animaux exotiques

 

Interventions de la patrouille : 1 266

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