Les mots-croisés de La Relève

C’était le temps des sucres rue Nicole-Lemaire à Boucherville

Photo de Diane Lapointe
Par Diane Lapointe
C’était le temps des sucres rue Nicole-Lemaire à Boucherville
Ça sentait le bon voisinage dans le quartier (Photo : Diane Lapointe)

Il y avait récemment une petite odeur sucrée qui se dégageait chaque jour dans le secteur de la rue Nicole-Lemaire à Boucherville. C’est que Vincent Ménard a eu l’idée de faire les sucres avec ses enfants. Mais puisqu’un seul érable n’est pas suffisant pour obtenir une bonne récolte, les voisins ont tout bonnement accepté de mettre leurs arbres à contribution. Et l’activité qui, initialement, en était une familiale est devenue communautaire, puis académique.
Tout a commencé lorsque le père de famille a proposé à ses deux fils Sidney et Justin âgés respectivement de sept et quatre ans de répéter l’activité printanière de l’année précédente et de faire leur propre sirop d’érable. « Mais on a voulu une meilleure récolte, car nous avions fait bouillir seulement 100 litres d’eau d’érable l’an dernier. Nous avons donc cogné aux portes de plusieurs maisons de résidents du secteur pour demander la permission d’entailler leurs érables. Les réponses furent positives à 99 % », raconte M.Ménard.
Papa Vincent a ensuite acheté 50 chaudières usagées qu’il a trouvées à Saint-Hyacinthe. Dix-sept érables ont été entaillés pour un total de 41 entailles. Chaque soir, du 17 au 22 mars, lui et ses fils, après le souper et avant le bain, allaient récolter cette précieuse sève.
En cinq jours, ils ont recueilli 330 litres d’eau d’érable. N’ayant pas un gros réfrigérateur pour l’entreposer, M. Ménard faisait bouillir l’eau quotidiennement dans une marmite à blé d’Inde. Le samedi, lui et ses fistons ont offert à tous les voisins, qui avaient permis d’entailler leur arbre, un verre de réduit, dans le respect des règles sanitaires, bien évidemment.
Puis est arrivée l’idée d’accueillir des enfants pour leur expliquer les étapes de production du sirop d’érable. Deux groupes d’une garderie, et deux classes de première année de l’école Père-Marquette fréquentée par son plus vieux ont été reçus. M. Ménard avait installé sur le bord de la rue une table habillée d’une nappe à carreaux, et faisait jouer de la musique de cabane à sucre pour recevoir les petits. Cette mise en scène ludique avait aussi son côté éducatif puisque ceux-ci devaient aller chercher des chaudières d’eau d’érable, les vider dans un gros bac, retourner les accrocher aux arbres, avant d’écouter les explications de M. Ménard sur le processus de transformation de l’eau en sirop.
Ils ont goûté à l’eau, au sirop et ont même eu droit à de la tire sur la neige. Heureux, ils sont tous repartis chacun avec deux cornets d’érable et un petit pot de sirop, gracieuseté de la cabane du bois de Verchères de l’oncle François Ménard.
Au final, la famille a produit huit litres de sirop d’érable « cuvée Rivière-aux-Pins » et de beaux souvenirs que Sidney et Justin conserveront toute leur vie.


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