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Où sont passés les sauveteurs?

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Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Où sont passés les sauveteurs?
(Photo : Centre de la culture et du sport de Sainte-Julie.)

La pandémie a créé son lot de perturbations sur le marché du travail et a amplifié certaines problématiques déjà existantes. C’est le cas de la pénurie de sauveteurs qui, dans la région comme ailleurs, n’a fait que s’accentuer ces derniers mois.

« Ça fait au moins quatre bonnes années que nous avons plus de difficulté à recruter, admet Carine Poulin de la firme SOPIAR gestion sportive qui est notamment responsable des activités aquatiques à la piscine du Centre de la culture et du sport de Sainte-Julie (CCSSJ). C’est plus difficile d’attirer les jeunes qui doivent concilier la formation avec les études et tout. Et depuis le début de la pandémie, avec l’école à la maison, leur charge est deux fois plus lourde. Ça demande une organisation du temps qui est différente. Ceux qui auraient pu être disponibles par le passé ne le sont pas aujourd’hui. »

En outre, la fermeture de la piscine accessible pour les citoyens de Sainte-Julie et Saint-Amable a privé les gestionnaires de précieux mois de formation. « C’est un cycle, ajoute Mme Poulin. De plus, sur 40 jeunes qui travaillaient pour nous et qui ont trouvé un emploi en restauration ou ailleurs, nous en avons peut-être récupéré 19. En septembre heureusement, nous avons réussi à avoir un décret qui nous a permis de former de nouveaux jeunes. Nous avons dû prendre des mesures incroyables, mais c’était important d’embarquer dans le bateau le plus tôt possible! »

Bulle familiale et camps d’été

En attendant un éventuel retour à la normale post-pandémie, Mme Poulin continue d’espérer que la situation ne forcera pas les gestionnaires de la piscine à réduire l’offre en raison du manque de personnel. « C’est certain que nous allons procéder doucement avec la relance des activités. Et nous allons adapter l’offre de service en fonction de la main-d’œuvre disponible. Nous avons tout mis en place afin de pallier tout ça et je demeure positive qu’en septembre, toutes nos activités reprendront normalement et notre service va pouvoir reprendre dans sa totalité. »

Entretemps, la table est mise pour les camps qui pourraient reprendre au cours de la belle saison. « Durant la session du printemps, nous offrons une programmation avec des cours privés, ajoute la gestionnaire. Donc des cours « bulle », soit individuels ou en famille. Et pour cet été, nous maintenons notre camp de jour. Si nous sommes alors en zone orange, nous serons en mesure d’offrir des cours dirigés avec des mesures qui seront très, très strictes. Et si nous demeurons en zone rouge, nous allons continuer les cours privés comme nous le faisons actuellement. »

La grève se poursuit à Varennes

Pendant ce temps, la situation perdure du côté du Complexe aquatique de Varennes alors que les sauveteurs poursuivent leur grève depuis le premier mars. Au cœur du litige, les employés de quatre centres représentés par le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Centres aquatiques du Québec (STTCAQ-CSN) espèrent obtenir de meilleures conditions salariales.

« Ça fait deux ans que ce syndicat est en négociation », a déclaré Jean-Pierre Bourgeault, vice-président de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN). « Actuellement, les employés sont payés 13,10 $/h. Et après deux ans de négociation, l’employeur (la SODEM) leur offre 13,55 $/h. 13,55 $/h, c’est 45 sous de plus que le salaire minimum actuel. C’est carrément humiliant, considérant les qualifications des employés et sachant que dans d’autres grandes villes, le taux horaire offert pour le même type d’emploi avoisine en moyenne les 18 $ l’heure! »

Selon les informations fournies par le syndicat, l’offre salariale de la SODEM serait actuellement bien en deçà des conditions offertes dans d’autres centres de la région, soit 18,59 $ aux sauveteurs de Longueuil et 20,36 $ pour ceux de Boucherville.

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