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Démolition d’une ancienne chalouperie de Verchères: un gâchis qui aurait pu être évité

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Démolition d’une ancienne chalouperie de Verchères: un gâchis qui aurait pu être évité
L’édifice situé au 21, rue Madeleine a été érigé en 1921. Il a abrité une chalouperie avant d’être converti en immeuble résidentiel en 1961. (photo: Christian Krajewski) (Photo : Christian Krajewski)

Les Verchèrois ont entamé le mois de mars sur une bien triste note en constatant la démolition d’un édifice qui a autrefois abrité, jusqu’au début des années 1960, une des chalouperies qui ont fait la renommée de la municipalité.

L’histoire est malheureusement familière. Un édifice ayant une valeur patrimoniale et sentimentale pour les résidents d’une communauté doit être démoli, faute d’avoir été entretenu par des propriétaires n’habitant pas la région. La situation s’est répétée la semaine dernière, à Verchères cette fois. Une partie de la bâtisse située au 211, rue Madeleine, une des plus aisément reconnaissables de la municipalité, s’est effondrée.

« Elle a écrasé sous le poids de la neige, explique Martin Massicotte, directeur adjoint et urbaniste de la Municipalité. La neige qui est tombée ces dernières semaines s’est alourdie et la structure était grandement affaiblie depuis de nombreuses années. De l’eau s’était infiltrée et il y avait de la pourriture. Cette partie de la bâtisse était abandonnée depuis plusieurs années. »

Malgré les tentatives de la Municipalité d’assurer la pérennité de l’édifice, il semble que la propriétaire, qui habite en France, n’a pas cru bon investir afin de protéger son investissement et une maison qui faisait, jusqu’à sa destruction, partie du paysage architectural de Verchères ainsi que de la riche histoire de ses chalouperies.

Un débat loin d’être clos

Devant de telles situations, la capacité d’intervention des municipalités de la province est limitée dans les cas où les propriétaires ne veulent pas s’aventurer dans des projets de rénovation qui peuvent parfois s’avérer onéreux. Et ce, malgré les différents programmes de bourses qui sont mis à leur disposition par les différents paliers de gouvernement.

« Ça revient toujours à une question d’argent, admet en outre M. Massicotte. Oui, il existe des lois, des règlements, mais si les gens ne veulent pas investir et si les municipalités n’ont pas les moyens d’acheter ou d’exproprier pour rénover, malheureusement le patrimoine devient vétuste et les immeubles finissent par s’écraser. »

La démolition de cet immeuble survient par ailleurs à un moment où le grand débat sur la préservation de notre patrimoine est de plus en plus animé. Alors que le gouvernement provincial a annoncé des investissements en ce sens et présenté un projet de réforme de la Loi sur le patrimoine, des observateurs influents du milieu, dont l’architecte renommée Phyllis Lambert, réclament des mesures plus courageuses de la part de nos élus. Parmi celles-ci, la création d’une instance indépendante qui pourrait veiller à la protection de nos joyaux patrimoniaux.

Un repère visuel

Quant à la propriété, difficile de savoir ce que l’avenir lui réserve une fois les débris évacués.

« Avant sa démolition, l’édifice était un repère visuel, admet par ailleurs M. Massicotte. En raison de son emplacement, de sa hauteur, de ses couleurs… Quand les résidents de Verchères et les visiteurs descendaient la rue Madeleine, c’est ce qu’ils voyaient. C’est une grosse perte. Nous allons voir comment les choses vont se régler avec la propriétaire. Comme elle demeure en Europe, la communication n’est pas toujours facile. En attendant, nous allons devoir nettoyer et sécuriser le terrain. »

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