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« Il faut continuer nos efforts pour réduire le nombre d’hospitalisations pour que ceux qui sont en attente de chirurgie puissent enfin se faire soigner »

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Par Daniel Bastin
« Il faut continuer nos efforts pour réduire le nombre d’hospitalisations pour que ceux qui sont en attente de chirurgie puissent enfin se faire soigner »

« Il faut continuer nos efforts pour réduire le nombre d’hospitalisations pour que ceux qui sont en attente de chirurgie puissent enfin se faire soigner », a lancé le premier ministre le 26 janvier dernier alors que le nombre de nouveaux cas quotidiens au Québec continuait de baisser, passant d’une moyenne de 2 000 à 1 500 par jour, « ce qui signifie que les mesures fonctionnent bien », a t-il ajouté.
Par contre, François Legault a rappelé du même souffle que le nombre d’hospitalisations est encore beaucoup trop élevé et que « ce n’est pas le temps de lâcher ». Il a ajouté que, malgré tout, la situation est particulièrement problématique dans la région de Montréal et il a maintenu que les consignes doivent s’appliquent à toutes les régions pour le bien commun de l’ensemble de la société québécoise.
« Nos mesures fonctionnent. Et je veux encore une fois remercier les Québécois qui respectent les consignes, de même que les policiers qui les font respecter. […] Mais il y a encore des cas actifs dans toutes les régions du Québec. Et il y a encore beaucoup de délestage dans les hôpitaux. Des chirurgies sont reportées, ce qui crée beaucoup d’angoisse chez ceux qui attendent. On doit donc continuer nos efforts pour ces gens-là, pour sauver des vies. »
Critique en Montérégie
Ce qui permettait d’avoir une lueur d’espoir à ce chapitre, c’est que la situation dans les urgences à travers le Québec était relativement stable au moment de l’appel du premier ministre puisqu’elle était au code orange, c’est-à-dire que le nombre de patients était en deçà de la capacité des établissements de santé. Ainsi, pour les dix derniers jours, le pourcentage oscillait entre 81 % et 99 %.
Par contre, en Montérégie, les urgences continuaient de déborder et elles se trouvaient en code rouge depuis les dix derniers jours. En date du 28 janvier, la situation était particulièrement critique à l’Hôpital Pierre-Boucher (223%) puisqu’on retrouvait 78 patients sur civière alors que l’urgence peut accueillir 35 malades normalement. Pas moins de 35 personnes étaient alitées depuis plus de 24 heures et 19 l’étaient depuis au moins deux jours.
C’était rouge également à l’Hôpital Charles-Le Moyne de Longueuil (126 %) et Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe (131 %), tandis que l’Hôtel-Dieu de Sorel était le seul dans toute la région de la Montérégie a bien s’en tirer avec 76 %, soit un code vert.
L’urgence de Pierre-Boucher est particulièrement débordée depuis le début de la pandémie, si bien que l’on compte près de 4 000 opérations en moins par rapport à l’année dernière. L’hôpital explique cette diminution par la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux de réduire les activités de chirurgie. Présentement, les blocs opératoires des hôpitaux Pierre-Boucher, Honoré-Mercier et Hôtel-Dieu de Sorel fonctionneraient à seulement 50% de leurs capacités, mais les chirurgies oncologiques, de même que les chirurgies urgentes et semi-urgentes auraient toujours lieu.
Rapport encourageant
La plus récente mise à jour de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) en date du 21 janvier dernier apporte toutefois sa part d’encouragements, car les analystes ont mentionné que le nombre de nouveaux cas confirmés au cours de la dernière semaine est en baisse de 27% par rapport à la semaine précédente (12 638 versus 17 296) et que celui-ci revient au même niveau qu’au début du mois de décembre.
Cette baisse se manifeste dans tous les groupes d’âge et dans toutes les régions, y compris dans le grand Montréal, et le nombre d’hospitalisations anticipées diminue de façon importante (-23%) par rapport à la semaine précédente (636 versus 823). L’INESSS prévoit que 77 patients nécessiteront un séjour aux soins intensifs, ce qui représente une baisse de 44% par rapport à la semaine précédente (126), alors que le risque d’hospitalisation des nouveaux cas est relativement stable à 5,4%. « Pour le Québec dans son ensemble, pour la première fois depuis trois mois, on anticipe une diminution du nombre de patients COVID-19 hospitalisés. Le risque de dépassement des capacités hospitalières au cours des trois prochaines semaines est maintenant peu probable », peut-on lire dans le rapport.


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