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Centre de femmes Entre Ailes: une main tendue, même en temps de pandémie

Photo de Steve Martin, Initiative de journalisme local
Par Steve Martin, Initiative de journalisme local
Centre de femmes Entre Ailes: une main tendue, même en temps de pandémie
(Photo : Hannah Busing / Unsplash )

Comme la majorité des organismes, le centre de femmes Entre Ailes a dû s’adapter en 2020 à une nouvelle réalité en temps de pandémie. Une situation qui a forcé la direction et les intervenantes à redoubler d’ardeur et faire preuve d’adaptativité afin de demeurer accessibles pour les clientèles les plus fragilisées par la situation.

Ainsi, au fil des derniers mois, les rencontres se sont transportées sur la plateforme Zoom où une activité récurrente comme le Déjeun’ailes a par exemple fait place aux sympathiques Pyjama-Café en mode virtuel.

L’organisme présentait d’ailleurs ces derniers jours une nouvelle programmation saisonnière comprenant des activités portant sur des sujets aussi variés que l’ostéopathie, les impôts et la justice climatique.

Les dangers de l’isolement

Malgré les avantages de la technologie, le défi de maintenir le contact avec les résidentes de Boucherville et de la MRC de Marguerite-D’Youville demeure un enjeu de taille en période d’isolement. Si on considère en particulier que le rapprochement entre les femmes demeure un important moteur de l’organisme.

Selon la coordonnatrice du centre Entre Ailes, Mme Sylvie Riendeau Langlais, la situation reste d’ailleurs plus problématique pour certains groupes en particulier.

« C’est un grand défi notamment pour celles qui n’ont pas de connaissances en informatique, avance cette dernière. Mais c’est surtout inquiétant pour les femmes qui sont victimes de violence. Nous avons remarqué à ce sujet qu’il y avait plus de demandes d’information depuis le début de la pandémie. Nous ne faisons pas d’hébergement, mais nous pouvons les référer. Le problème, c’est que les maison d’hébergement sont aussi très sollicitées présentement et souvent remplies à pleine capacité. »

Mme Riendeau Langlais rappelle par ailleurs que, pour certaines femmes, le fait de devoir vivre sept jours semaines, 24 heures sur 24 avec un conjoint ou proche parent agresseur laisse peu de répit.

« Il n’y a plus ces moment durant lesquels la tension est moins grande parce que l’agresseur n’est pas à la maison. Alors la femme demeure dans un état d’hypervigilance. Elle se demande à quoi il pense, à quel moment il va éclater. Mentalement, c’est très épuisant et ça ajoute au sentiment d’isolement. »

Une ressource précieuse

Pour Mme Riendeau Langlais, il est donc important que les femmes sachent que les services sont toujours là pour elles, malgré les restrictions et les directives gouvernementales actuelles.

« Elles doivent savoir qu’elles peuvent aller dans une maison d’hébergement, rappelle cette dernière, qu’elles peuvent avoir de l’aide, des conseils. Elles peuvent nous appeler aussi pour avoir des références, de l’information et du soutien. »

La coordonnatrice de l’organisme, qui va de nouveau souligner la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, avance également que les femmes qui vivent dans la pauvreté, les mères monoparentales et les immigrantes qui n’ont pas un réseau de contact bien établi ont aussi pu souffrir davantage de l’isolement causé  par la situation actuelle.

Pour plus d’information sur le centre, visitez le site www.entreailes.org ou encore la page Facebook de l’organisme.

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