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125 jeunes de la Rive-Sud seraient sous l’emprise de proxénètes : la Maison Ketpart s’implique dans la prévention

Photo de François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Par François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
125 jeunes de la Rive-Sud seraient sous l’emprise de proxénètes : la Maison Ketpart s’implique dans la prévention
Tanya Brunelle est la coordonnatrice du projet « Sans proxénète ni exploitation » à la maison Kekpart.

Dans l’agglomération de Longueuil, soit le territoire de Boucherville, Longueuil, Brossard, Saint-Lambert et Saint-Bruno, ce sont environ 125 mineurs, filles et garçons, âgés en moyenne de 14 ans, qui sont exploités chaque année par des proxénètes dans la majorité des cas.
Les victimes peuvent être issues de différentes classes sociales. Toutefois, certaines sont considérées comme étant plus à risque d’être recrutés par un proxénète, notamment les jeunes qui fuguent de leur milieu familial ou de leur centre jeunesse et qui se retrouvent sans ressource, ceux qui consomment ou encore ceux qui ont une difficulté marquée à l’école. D’autres peuvent se faire entraîner par une personne qui se trouve déjà dans le monde de la prostitution.

C’est pour tenter de contrer ce phénomène que la Maison Kekpart de Longueuil lance le projet « Sans proxénète ni exploitation » sous la forme de deux capsules vidéo pour sensibiliser les jeunes et leurs parents sur les dangers de l’exploitation sexuelle.

L’une des vidéos de sensibilisation démontre la façon dont les recruteurs, abuseurs et clients tendent leurs filets avec les victimes, notamment en les faisant tomber amoureuses d’eux. La relation s’amorce en les couvrant de cadeaux, en leur faisant vivre une « vie de princesse » pour ensuite les isoler petit à petit de leur entourage.

« Il va dire que tes amis, c’est juste de la marde. Il va te forcer à arrêter de leur parler, puis au final, tu finis que tu n’as plus d’amis. C’est là ce que c’est trop tard, je n’avais plus de repère. Mon estime de moi ne tenait qu’au peu de compliments qu’il faisait sur mon physique. Tu ne peux même pas partir, parce que tu te fais tellement contrôler que tu ne sais même plus qui tu es. T’es juste rendue une poupée montée à son image dans le fond », entend-on dans la vidéo.

L’autre capsule porte sur les ressources existantes, notamment la Maison Kekpart qui œuvre auprès des jeunes de Longueuil depuis bientôt 40 ans. L’organisme accueille les victimes qui souhaitent s’en sortir pour les amener vers les ressources qui répondent à leur besoin et les accompagner dans leur cheminement de réhabilitation.

Les vidéos seront présentées dans différentes écoles des centres de services scolaires Marie-Victorin et des Patriotes, particulièrement aux élèves de 3, 4 et 5 secondaire, ainsi que dans les classes de jeunes à risque ou en difficulté d’apprentissage.

Les milieux où les jeunes risquent de se faire recruter seront également visés par la campagne de sensibilisation. Les endroits prisés par les proxénètes sont les cours d’école, le métro, les partys, les bars, ou encore les clubs de danseuses et de massages où des mineurs peuvent se trouver. On peut visionner les capsules sur le site Internet de la maison Kekpart.



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