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Les femmes de la Rive-Sud veulent plus que « des pinottes » et de meilleurs logements

Photo de François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Par François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Les femmes de la Rive-Sud veulent plus que « des pinottes » et de meilleurs logements

Voulant sensibiliser la population à la pauvreté vécue majoritairement par les femmes, la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie (TCGFM) lançait, le 16 octobre dernier à Longueuil, son « Opération pinottes », entre autres, devant les bureaux du député de Taillon, Lionel Carmant.

Les représentantes de la Table se sont en fait présentées aux bureaux des différents élus fédéraux et provinciaux de la région pour leur remettre un pot de « pinottes », symbolisant le fait que 25 ans après la première Marche nationale des femmes, encore trop d’entre elles « travaillent pour des pinottes ».
Afin d’illustrer son « Opération pinottes », la Table fera par ailleurs circuler un visuel à partager pour sensibiliser la population. Chaque citoyen est invité à modifier sa photo de profil sur les réseaux sociaux avec le mot-clic #OperationPinottes, de même qu’à partager son témoignage.
Les revendications de la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie sont les suivantes: rehausser le salaire minimum à 15$ de l’heure. Offrir plus de 10 journées de congés payés pour cause de maladie ou de responsabilités familiales. Augmenter les prestations de l’aide de dernier recours. Construire des unités de logement social.

Un comité d’action féministe

Par ailleurs, samedi dernier, un autre groupe de femmes a porté ses revendications aux portes de l’hôtel de ville de Longueuil. Le Comité d’actions féministes de l’agglomération de Longueuil (CAFAL) a symboliquement déposé ses valises et boites de déménagement devant l’hôtel de ville, car le groupe est hautement préoccupé par le manque de logements adéquats disponibles sur le territoire de l’agglomération. Les femmes souhaitaient interpeller directement la mairesse Sylvie Parent et lui rappeler que plusieurs d’entre elles sont toujours à « deux mètres d’avoir un logement décent ».

La pénurie de logements est un problème criant pour les femmes locataires. Alors que le taux d’inoccupation sur le territoire est ridiculement bas, celui des logements de trois chambres ou plus, pouvant accueillir des familles, est quasi nul. Elles essuient refus après refus lorsqu’elles mentionnent être mères de famille monoparentale ou prestataires de l’aide de dernier recours. Le CAFAL juge la situation déplorable mais, surtout, qu’il y a urgence d’agir.

Les paliers fédéral, provincial et municipal doivent cesser de se renvoyer la balle quand vient le temps d’offrir aux citoyennes des logements sociaux et des logements décents. La Ville de Longueuil et l’agglomération de Longueuil doivent prendre leurs responsabilités. Elles doivent mettre sur pied des mesures suffisantes pour développer de nouvelles unités de logement social et lutter contre l’insalubrité en appliquant son code du logement. Pour ces raisons, le CAFAL interpelle directement la mairesse Sylvie Parent, qui demeure jusqu’à présent muette. « Ça donne l’impression que la mairesse dort pendant que les rats dansent librement dans les appartements de nos concitoyennes », indiquent les membres du comité. Le CAFAL aimerait se tromper à ce sujet. Il souhaite entendre et voir agir madame Parent sur ces enjeux.

Le Comité d’actions féministes de l’agglomération de Longueuil a été mis sur pied le 8 mars 2019 en voyant la nécessité de se mobiliser dans la communauté. Il est composé de travailleuses et de citoyennes qui désirent dénoncer les différentes violences que vivent les femmes.






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