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Le Port de Montréal tente d’interdire la chasse et la pêche sur les battures Tailhandier de Boucherville

Photo de François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Par François Laramée. De l’Initiative de journalisme local
Le Port de Montréal tente d’interdire la chasse et la pêche sur les battures Tailhandier de Boucherville

La saison de chasse à la sauvagine a débuté le 17 septembre dernier sur la Rive-Sud et les dizaines de chasseurs qui ont l’habitude de fréquenter les îles de Boucherville (à l’extérieur du parc) et les grandes battures Tailhandier ont constaté qu’ils ne sont plus les bienvenus.
Les autorités du Port de Montréal, propriétaires des battures et des ilots à l’est du parc national des Îles-de-Boucherville, ont en effet placardé de grandes affiches en bordure du fleuve et des battures pour y préciser que plusieurs clientèles ne sont plus les bienvenues.
On peut y lire que : – La pratique de la chasse et la pêche y est interdite. – Il est interdit de détruire ou d’enlever des végétaux. – Il est interdit d’y circuler avec un véhicule motorisé et de jeter des déchets. – Il est interdit d’ériger une quelconque structure et d’allumer un feu.
De nombreux chasseurs ont réagi à ces directives, car les activités de chasse et de pêche demeurent de juridiction provinciale et ne relèvent pas des autorités portuaires de Montréal. Certains chasseurs qui avaient l’habitude de construire un mirador ou une cache pour y chasser la sauvagine ou même le chevreuil (un peu plus tard en saison) ont vu leur infrastructure détruite.
En tant que propriétaire des lieux, les autorités portuaires pourraient interdire l’accès aux ilots, mais tenter de réglementer la chasse et la pêche dépasse largement leur juridiction. C’est aussi probablement pourquoi les chasseurs sont encore et toujours nombreux dans le secteur, depuis trois semaines.
Les battures Tailhandier et plusieurs ilots jouxtant le parc des Îles-de-Boucherville deviendront une nouvelle Réserve nationale de faune. C’est ce qui a été annoncé l’an dernier par les autorités fédérales. L’archipel de plus de 200 hectares se situe en bordure du parc national des Îles-de-Boucherville et abrite des milieux naturels fragiles et des habitats pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs. La création de la future Réserve nationale inclut également la protection d’autres îles du fleuve Saint-Laurent situées entre Montréal et le lac Saint-Pierre.
Du côté de Boucherville, le projet de Réserve nationale inclura les grandes battures Tailhandier, l’île à Jacques, l’île Tourte Blanche, l’île Dufault, le Haut-fond à Bleury, l’île Lafontaine, l’île Montbrun, Petite-Île et l’îlot de la Baronnie.
Cet effort de protection de la nature s’inscrit dans la même lignée que le programme de création d’aires de frai et d’amélioration des habitats pour le poisson déployé il y a plus de 12 ans dans ce secteur.


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