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Première maison Véro & Louis à Varennes : de l’espoir malgré les délais

par Steve Martin de l'Initiative de journalisme local
Première maison Véro & Louis à Varennes : de l’espoir malgré les délais
« Louis et moi, nous espérons que notre projet va inspirer d’autres initiatives du genre, nous a confié Véronique Cloutier. Nous voyons plus loin que cette première maison, mais pour l’instant, il faut d’abord la terminer.» (Photo : Martin Girard)

Comme d’autres projets, la construction à Varennes de la première maison pour autistes adultes financée par la Fondation Véro & Louis a dû subir les contrecoups de la pandémie. Activités de financement annulées, travaux reportés, bref, le projet a reçu du plomb dans l’aile dernièrement, mais le couple garde espoir de le voir mené à terme très prochainement.

« C’est certain que les travaux sur le chantier ont dû être arrêtés durant quelques semaines, admet Véronique Cloutier. Le confinement a un peu bousculé les choses. Je ne sais pas combien de retard nous avons cumulé, mais je peux dire que c’est presque terminé. Il ne reste que la finition et ensuite, nous allons pouvoir procéder à l’accueil des résidents. »

Premier établissement du genre au Québec, la résidence va accueillir dans les semaines et mois suivant son ouverture des personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) de plus de 21 ans. Rappelons que, si 1,4% de la population de la province aurait un TSA, peu de moyens ont été mis en place afin de prendre le relais du système scolaire une fois que ces jeunes adultes ont terminé l’école.

«Nous allons pouvoir accueillir 20 résidents en plus du personnel de la maison,  précise l’animatrice et femme d’affaires qui habite Boucherville.  Ce sont des gens qui n’étaient pas ensemble, donc nous allons devoir suivre les mesures gouvernementales avant de pouvoir les recevoir. »

Une brique à la fois

Avant que les nouveaux résidents ne prennent place dans leurs nouveaux quartiers, il faut par ailleurs ternir compte du fait que, pour les personnes vivant avec un TSA, un changement de routine, un nouveau milieu et de nouvelles personnes à côtoyer sont des situations qui peuvent demander une longue adaptation. De là l’importance, pour les intervenants impliqués dans le projet, de procéder de façon méthodique.

« Ils n’ont jamais vécu ensemble, alors il va falloir limiter les bouleversements le plus possible. Nous avons déjà une équipe de spécialistes qui est là pour déterminer quel arrivant pourrait avoir besoin de plus de temps pour s’adapter ou qui pourrait arriver en même temps qu’un autre. Ce sont des personnes qui ont des besoins spéciaux, alors il va falloir procéder avec beaucoup de délicatesse. »

Comme nous rappelle celle qui a eu le germe de l’idée de construire une maison spécialisée en lisant le livre Deux garçons à la mère de Guylaine Guay, un tel projet appelle, par sa nature même, la patience et l’ouverture d’esprit.

« Ça va prendre le temps que ça va prendre. J’ai bon espoir que d’ici la fin de l’année, les résidents vont être installés dans leur maison. »

Mission (presque) accomplie

Si ce premier projet du genre est présenté notamment comme un laboratoire, c’est qu’il permettra à d’autres organismes et fondations planchant sur des concepts similaires d’apprendre des essais qui seront faits une fois cette première maison terminée, mais aussi des erreurs de parcours inhérentes aux idées novatrices.

Les personnes qui vivent avec le TSA ayant, à différents degrés, une forme d’hypersensibilité, il est certain que chaque élément en place devra être choisi avec soin et plusieurs adaptations seront nécessaires en cours de route.

« Notre équipe sur le terrain va s’assurer que tout se passe dans l’harmonie, nous promet celle qui aimerait bien voir ses enfants faire du bénévolat dans ce nouveau complexe une fois qu’il sera ouvert. Nous espérons que notre projet va inspirer d’autres initiatives du genre. Nous voyons plus loin que cette première maison, mais pour l’instant, il faut d’abord la terminer avant de dire : « Mission accomplie ». C’est notre souhait. Vraiment. »

Pour en savoir plus sur le projet de la Fondation Véro & Louis ou faire un don, visitez le site : fondationverolouis.com

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