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Interdiction sur les feux à ciel ouvert en Montérégie: une mesure de protection pour les pompiers

Par Steve Martin, journaliste de l'initiative de journalisme local
Interdiction sur les feux à ciel ouvert en Montérégie: une mesure de protection pour les pompiers
Les régions de la Montérégie et de l'Estrie ont d'abord été visées par la mesure de la SOPFEU en raison de leur printemps traditionnellement plus hâtif. La saison qui couvre la période de mars à juin est par ailleurs la plus propice au niveau des incendies de forêt au Québec. (photo: SOPFEU)

Après avoir dressé une liste des régions visées par une interdiction de faire des feux à ciel ouvert, incluant les municipalités de la MRC Marguerite-D’Youville, la Société de protection des forêts contre le feu a étendu à l’ensemble du sud du Québec la zone couverte par cette mesure.

Exceptionnellement, les raisons derrière cette décision ne sont pas liées à un risque d’incendie plus élevé. En effet, comme précisé dans le communiqué initial diffusé par la SOPFEU, le territoire affecté par les feux de forêt était de 0,3 hectare à la mi-avril au Québec alors que la moyenne des dernières années à pareille date est de 8,9 hectares. Un résultat en bonne partie attribuable à la température maussade que nous avons connue en ce début de saison.

Les régions de l’Estrie et de la Montérégie ont été les premières ciblées en raison du climat plus doux et du printemps plus hâtif qui augmentent d’ordinaire les risques d’incendie.

« C’est notre volonté d’agrandir le territoire couvert par l’interdiction pour faire en sorte que nos pompiers soient protégés à chacune de leurs sorties, explique Josée Poitras du service de prévention et de communication pour la SOPFEU. Dans un contexte de pandémie, nous voulons protéger nos ressources et nous assurer qu’ils vont sortir le moins possible. »

Au-delà du risque pour les pompiers, il faut également tenir compte de la difficulté de relocaliser des citoyens qui pourraient être affectés par des incendies dans le contexte actuel.

« Quand on décide de faire un feu à ciel ouvert, on peut connaître des ratés, ajoute Mme Poitras. Laissez deux minutes notre feu sans surveillance et c’est suffisant pour que non seulement la forêt soit atteinte, mais également des bâtiments habités. Les mesures sont là pour protéger les pompiers, mais aussi la population en général. »

Combustible léger

Outre la mesure visant à réduire les risques d’incendies de forêt durant la pandémie, les pompiers de la région sont pour la plupart en fonction, tout en demeurant à la maison. « Nous organisons des séances d’information et nos formations en ligne plutôt que de les réunir dans nos bases, explique Josée Poitras. Ils sont prêts pour le déploiement et ça nous permet de respecter les mesures de distanciation. Nous avons également un protocole de décontamination pour la saison. »

Cette dernière nous rappelle par ailleurs que le printemps demeure la saison la plus propice et intense pour les feux de forêt.

« Le parterre n’est pas encore couvert par la végétation. Ça donne ce que nous appelons du combustible léger. C’est très volatile alors, comme du papier, tout peut s’enflammer rapidement. »

Cette dernière souligne également qu’il faut parfois un coup de vent d’à peine 15 km/h pour que les flammes d’un simple feu de feuillage prennent de l’expansion et se propage dans la végétation et les bâtiments avoisinants.

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