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Projet de 15 % d’éthanol dans l’essence: Greenfield Global se prépare à agrandir sa bioraffinerie de Varennes

Photo de Daniel Bastin
Par Daniel Bastin
Projet de 15 % d’éthanol dans l’essence: Greenfield Global se prépare à agrandir sa bioraffinerie de Varennes
La première phase de l’étude d’agrandissement de Greenfield Global à Varennes a été achevée en 2018 et la deuxième phase commencera dès maintenant par des études d’ingénierie, de matières premières et d’environnement. (Photo : Greenfield Global)

Le gouvernement du Québec a présenté la semaine dernière un projet de règlement qui vise à imposer d’ici 2025 une teneur minimale en éthanol de 15 % dans chaque litre d’essence vendu dans la province, c’est-à-dire trois fois plus que la norme canadienne actuelle. À terme, ce geste pourrait aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 3 % avec l’utilisation d’éthanol dont la combustion est plus propre et complète que l’essence.
Pour sa part, Greenfield Global, le plus important producteur d’éthanol au Canada, a accueilli favorablement la proposition du gouvernement qui fixerait la norme d’intégration d’un volume minimal de carburant renouvelable à 10 % dans l’essence et à 2 % dans le carburant diesel à compter de 2021, et porterait les seuils à 15 % dans l’essence et à 4 % dans le carburant diesel en 2025. Rappelons que Greenfield Global a mis en service en 2007 à Varennes la première usine d’éthanol construite au Québec où l’on produit également de l’huile de maïs et de la drêche de distillerie.
Dans un article publié le 4 octobre dernier dans La Presse +, on précise que la filière de l’éthanol avait le vent dans les voiles au début du millénaire, mais en 2007, le gouvernement Charest a freiné cet élan car plusieurs observateurs craignaient notamment que la hausse de la demande de maïs-grain exerce une pression sur l’offre et qu’elle se traduise ultimement par une augmentation des prix et une concentration de l’agriculture vers ce type de récoltes.
Capacité suffisante
Selon le ministre de l’Environnement, Jonathan Julien, la production de maïs-grain à l’échelle de l’Amérique du Nord a une capacité suffisante pour combler ce besoin énergétique, a-t-il mentionné dans le reportage. M. Julien a ajouté qu’il créera un comité spécial afin de s’assurer que le développement de la filière éthanol n’ait pas d’effet négatif sur l’agriculture. De plus, le ministre miserait sur l’éthanol cellulosique qui serait produit à partir de résidus agricoles, forestiers ainsi que des déchets.
De son côté, Greenfield Global travaille déjà sur de nouvelles technologies de pointe en matière de biocarburants en utilisant des matières premières et des procédés non traditionnels, comme l’éthanol cellulosique, le diesel renouvelable et le gaz naturel renouvelable, afin de diminuer davantage l’émission carbonique de ses biocarburants.
Par voie de communiqué, l’entreprise a fait savoir que la première phase de l’étude d’agrandissement de Greenfield Global à Varennes a été parachevée en 2018 et la deuxième phase commencera dès maintenant par des études d’ingénierie, de matières premières et d’environnement.
« L’annonce faite par le Québec d’augmenter les exigences d’intégration de carburant renouvelable a entraîné le lancement de la phase 2 de notre étude de faisabilité pour l’augmentation de la capacité de production à notre bioraffinerie de Varennes », a confirmé le vice-président exécutif et chef de la direction de l’unité d’affaires énergie renouvelable, Jean Roberge.
Précisons en terminant que, selon les estimations présentées par le ministre de l’Environnement à ce sujet, l’ajout de 15 % d’éthanol dans l’essence permettrait une réduction de 2 millions de tonnes de gaz à effet de serre, soit l’équivalent du retrait d’un demi-million de voitures sur les routes. Il a aussi fait savoir que le nombre de tonnes de GES émis par le Québec est de 79,6 millions, selon le plus récent bilan officiel datant de 2016.
Aussi, il convient de souligner que 43 % des émissions polluantes de la province sont générées par les voitures ainsi que les camions et qu’il s’agit-là de la plus importante source de pollution au Québec.

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